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Mineurs victimes de violence et d’abus : 20 participants formés sur les techniques d’auditions

Mineurs victimes de violence et d’abus :  20 participants formés sur les techniques d’auditions © : HZK-LGDC

Pour doter des compétences aux enquêteurs, la gendarmerie nationale et l’Union européenne en collaboration avec l’Ambassade de France ont organisé une formation d’une semaine sur les techniques d’audition des mineurs victimes de violences et d’abus sexuels. Cette formation a pour but d’outiller les enquêteurs à recueillir la parole des jeunes victimes mais aussi d’améliorer et d'harmoniser les procédures dans l’audition et la prise en charge.


La gendarmerie nationale et l’Union européenne en collaboration avec l’Ambassade de France à Moroni ont organisé ce lundi 06 juin une session de formation sur les auditions des mineurs victimes de violences et d’abus sexuels. L’objectif de cette formation d’une semaine est de renforcer les capacités des enquêteurs en techniques fondamentales d’audition des mineurs, mais aussi de les appliquer pendant les exercices pratiques. 20 participants au total vont bénéficier de cette formation dont des magistrats, des policiers et gendarmes officiers de police judiciaire et des médecins.

D’après le commandant de la gendarmerie Ramadhoine Mdoihoma, l’organisation de cette formation répond à un double impératif qui consiste à renforcer périodiquement les compétences des enquêteurs concernés par la prise en charge des mineurs victimes, et de favoriser la coopération entre tous les organismes en charge de la protection des enfants. « Entendre un mineur dans le cadre d’une procédure judiciaire, n’est pas chose aisée. Un exercice délicat, surtout, lorsqu’il s’agit de recueillir la parole des enfants qui ont été victimes de violences (physiques ou sexuelles). Cette difficulté pour les enquêteurs, peut se situer, à la fois dans la recherche de la vérité, et dans l’établissement des faits, mais aussi dans le souci du bien-être mental et psychologique de l’enfant. Cette formation va énormément contribuer à renforcer les compétences des enquêteurs, dans les modalités d’accueil des mineurs témoins, et/ou mis en cause, aussi dans la gestion du stress post traumatique », explique-t-il tout en rassurant que d’autres session de formation seront organisées incessamment .

De son côté, le procureur de la République Mohamed Djounaid a expliqué que les enfants sont, de par leur fragilité émotionnelle et physique un public particulier surtout quand ils sont victimes de toute forme de violence. Il est donc hautement important que les magistrats, gendarmes, enquêteurs ou médecins soient attentifs et conscients des conséquences d’une mauvaise prise en charge de ces jeunes victimes. « Votre mobilisation ainsi que le concours de l’Union européenne dans cet atelier démontre à quel point nous sommes tous prêts à nous former pour garantir un accès à une justice équitable et réparatrice pour les mineurs », avance-t-il, tout en s’engageant à agir et à accompagner pleinement le travail en synergie avec tous les autres intervenants dans la protection de l’enfance. « Au niveau de la justice, un tribunal spécial a été mis en place pour traiter les affaires des mineurs en danger et de ceux en infraction avec la loi. La mise en place de ce tribunal spécial permet de mieux agir pour la protection des droits des enfants en tenant compte de leur fragilité», poursuit-il.

Pour mémoire, la gendarmerie nationale est dotée d’une salle d’audience dédiée spécialement aux mineurs. Un atout qui vient en renfort au tribunal spécial pour traiter les affaires des mineurs en danger. Ce dispositif va sans doute réduire les obstacles qui peuvent décourager et va renforcer la lutte contre la violence faites à l’être vulnérable.

Andjouza Abouheir

 


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