Une vidéo mettant en scène des membres de l’équipe de communication du Secrétariat général du gouvernement a suscité une vive controverse sur les réseaux sociaux. En cause : des propos tenus lors d’un déplacement officiel à Mohéli, le 17 février dernier, journée de la réconciliation nationale, jugés déplacés par de nombreux internautes.
La première réaction d’ampleur sur la toile est venue de Nourina Abdoul-djabar, qui a dénoncé des propos perçus comme méprisants à l’égard de son île d’origine et de ses réalités. Son intervention a rapidement trouvé un écho, alimentant un débat plus large sur le respect dû aux territoires et à leurs populations, particulièrement lorsqu’il s’agit de représentants d’institutions publiques. Au cœur de la polémique, une séquence dans laquelle Houdheïf Mdziani, membre de l’équipe de communication du secrétariat général du gouvernement, évoque son expérience sur place en utilisant le terme « Guantánamo » pour qualifier la difficulté de la situation vécue. Une comparaison qui a choqué, certains y voyant une assimilation inacceptable.
Face à l’ampleur des réactions, Houdheïf Mdziani a publié un message d’excuses. Il explique qu’après plusieurs heures éprouvantes passées à chercher un logement sous un soleil accablant, sans moyen de transport, ses collègues et lui se sont retrouvés dans une situation logistique difficile. Selon lui, le mot employé relevait d’une exagération teintée d’humour, utilisée pour décrire une épreuve personnelle et non pour désigner l’île elle-même. Il affirme n’avoir jamais eu l’intention de dénigrer Mohéli, qu’il dit connaître, admirer et apprécier. Reconnaissant néanmoins que ses propos ont pu heurter, il présente ses excuses à celles et ceux qui se sont sentis blessés, rappelant l’importance du contexte et dénonçant les effets amplificateurs de l’instantanéité des réseaux sociaux.
Mais au-delà des explications et des regrets exprimés, une question demeure : celle du statut professionnel des auteurs de la vidéo. Ce ne sont pas ici de simples citoyens exprimant un coup de fatigue ou un agacement personnel. Il s’agit de membres d’une équipe de communication rattachée à une institution centrale de l’État. À ce titre, leurs paroles, même prononcées dans un cadre qu’ils estimaient informel, revêtent une dimension particulière.
Dans un contexte national où les sensibilités insulaires sont fortes, chaque mot prononcé par un représentant institutionnel est susceptible d’être interprété comme une position officielle, ou du moins comme le reflet d’un état d’esprit. Plus que les propos eux-mêmes, c’est cette responsabilité liée à la fonction qui nourrit aujourd’hui le débat. La polémique rappelle ainsi une réalité essentielle, dans l’espace public, surtout à l’ère numérique, le statut impose une vigilance accrue. Les mots ne voyagent jamais seuls et, selon celui qui les prononce, ils ne portent pas le même poids.
Mohamed Ali Nasra
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