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Mohéli : Un appel urgent à la sauvegarde de la mémoire insulaire

Mohéli : Un appel urgent à la sauvegarde de la mémoire insulaire © : HZK-LGDC

Malgré les initiatives du Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS), les trésors historiques de Mohéli s’effritent peu à peu sous le poids du temps, du manque de moyens et de l’indifférence. Entre dégradation naturelle, absence d’entretien et oubli collectif, les témoins du passé risquent de disparaître si rien n’est fait.


Le patrimoine historique de Mohéli traverse aujourd’hui une période critique. De nombreux sites culturels et archéologiques sont menacés par la dégradation naturelle, l’insuffisance des ressources et le manque d’actions concrètes de conservation. Malgré les efforts du Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique CNDRS à Fomboni, la sauvegarde de ces lieux emblématiques demeure un défi colossal. Selon Haddad Salim Djabir, directeur régional du CNDRS, la préservation de ces témoins du passé se heurte à plusieurs obstacles : un déficit de financement, une pénurie de personnel qualifié et l’absence de programmes durables de valorisation. « Nos actions reposent sur la bonne volonté et des moyens limités. Il devient urgent que l’État et les partenaires internationaux s’impliquent davantage pour sauver ce qui peut encore l’être », souligne-t-il.

 

Pour Kadaidine Djaza Ahmed, technicien en tourisme et guide local, la situation est tout aussi préoccupante : « On démolit ce que nos ancêtres ont construit pour tout reconstruire à notre manière. Dans ce processus, c’est notre histoire qui s’efface peu à peu. Chaque pierre tombée emporte un fragment de mémoire collective. » Ces dernières années, le CNDRS a pourtant multiplié les initiatives : ouverture du musée de Mohéli, expositions sur le patrimoine local, campagnes de sensibilisation dans les écoles et auprès des jeunes. Mais faute de moyens, ces efforts restent insuffisants. Plusieurs monuments et sites historiques (vestiges de mosquées anciennes, ruines royales, cimetières traditionnels) sont aujourd’hui à l’abandon.

 

Les crises économiques et environnementales qui frappent le pays accentuent cette fragilité. Les intempéries, l’érosion côtière et la pression urbaine contribuent à la disparition progressive d’un héritage qui, jadis, faisait la fierté de l’île. Face à cette situation alarmante, M. Haddad Salim Djabir lance un appel vibrant à la mobilisation nationale et internationale : « La protection du patrimoine ne se résume pas à la conservation des pierres. Elle constitue un pilier essentiel pour l’éducation, le tourisme et le développement durable de notre île. » Si rien n’est entrepris rapidement, Mohéli risque de perdre à jamais une part de son âme et de son histoire.

 

Riwad

 


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