Depuis plusieurs jours, la capitale subit des délestages interminables. Certains quartiers connaissent un blackout de cinq jours, une situation pénible qui paralyse le quotidien des habitants et met en difficulté de nombreux secteurs d’activités.
Dans plusieurs quartiers, les habitants tentent tant bien que mal de s’adapter, mais la fatigue et l’exaspération se font sentir. « Nous sommes plongés dans le noir pendant des jours entiers. Les aliments pourrissent, les commerces souffrent, et il est impossible de travailler correctement », témoigne Ali M’madi, un commerçant de La Coulée, qui a déjà perdu une grande partie de son stock. Les coupures impactent aussi la vie sociale et les études. « Mes enfants ont du mal à faire leurs devoirs. On essaie d’utiliser des lampes rechargeables, mais elles ne tiennent pas longtemps, et avec ces coupures incessantes, on ne peut même plus les recharger », raconte Fatima Ahmed, une mère de famille de Mtsangani.
Les professionnels ne sont pas épargnés. De nombreux commerces, restaurants et entreprises dépendent de l’électricité pour fonctionner et voient leur activité perturbée. « On travaille avec des groupes électrogènes, mais le carburant coûte cher, et ce n’est pas une solution durable. À ce rythme, on ne tiendra pas longtemps », s’inquiète un propriétaire d’une boulangerie à Magoudjou. Un importateur de la place dit débourser 50 000 KMF de gasoil par jour pour faire fonctionner son groupe électrogène sans arrêt afin de préserver ses produits périssables. « Un budget qui alourdit mes charges sans aucun accompagnement de l’Etat » déplore-t-il. Les services de santé sont également touchés. Dans certaines structures médicales, le fonctionnement des équipements devient un défi. « Sans électricité, nous ne pouvons pas conserver correctement certains médicaments et vaccins. Nous faisons tout pour nous adapter, mais il y a un réel danger pour les patients », alerte un infirmier de Moroni.
Face à cette crise persistante, les habitants réclament des mesures concrètes pour stabiliser la distribution d’électricité. « C’est une bonne nouvelle que certains services reviennent, mais maintenant, on espère que l’électricité va aussi se rétablir. Nous vivons des coupures interminables, c’est invivable ! Il faut que ça change, on ne peut pas continuer ainsi », s’exaspère Mohamed, un résident de Hadoudja. En larmes, une résidente de Moroni Sahara songe à quitter le pays. « Des fois, je me demande si nous ne sommes pas en guerre. Comment faire ? Les gens peinent déjà avec des maigres salaires. Comment survivre dans ce rythme ? J’ai jeté mes courses d’un mois, là, je roule sans rien. C’est inadmissible qu’en 2025, nous éclairions nos maisons avec des bougies », tonne Mariama Ali.
Si les autorités promettent régulièrement des améliorations, la confiance s’effrite face à la récurrence des délestages. « On nous a déjà fait des promesses, mais la situation reste la même. Nous voulons des actions concrètes, pas seulement des discours », martèle un jeune rencontré à Volo Volo. La population attend des solutions pérennes pour garantir un accès stable à l’électricité et éviter de nouvelles périodes de black-out prolongées. En attendant, les Comoriens doivent encore composer avec l’incertitude et des conditions de vie de plus en plus difficiles.
Mohamed Ali Nasra
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