La Gazette

des Comores

Mort de l’agresseur d’Azali Assoumani : Depuis Mayotte, une plainte contre x

Mort de l’agresseur d’Azali Assoumani : Depuis Mayotte, une plainte contre x © : HZK-LGDC

Une dizaine des membres de la famille d’Ahmed Abdou, jeune gendarme mort en détention après avoir agressé le chef de l’État Azali Assoumani le 13 septembre, est arrivée à Mayotte depuis la semaine dernière. Une plainte contre x a été déposée pour « assassinat » entre autres.


C’est une tournure pour le moins inattendue qu’a prise l’affaire de l’agression à l’arme blanche contre le chef de l’État Azali Assoumani. La semaine dernière l’opinion a appris non sans surprise l’arrivée à Mayotte de la mère de l’assaillant ainsi que de neuf autres membres de la famille. Alors qu’à Moroni l’enquête a été abandonnée par le parquet trois semaines après les faits, ce volet judiciaire n’est pas clos pour autant. En effet, selon Said Larifou, juriste qui accompagne la famille de la victime, une plainte contre x a été déposée au tribunal de Mamoudzou, pour « torture, persécution, violence barbare et assassinat sur une personne vulnérable ». « Son état de vulnérabilité était bien connu des autorités. Sa hiérarchie lui avait donné congé pour suivre des soins contre la déficience mentale dont il souffrait. Elle l’avait accompagné dans ce sens. Son état de vulnérabilité constitue une circonstance aggravante », explique le juriste contacté par La Cazette des Comores.

 

Il faut dire que le combat du juriste réputé pour son engagement sans faille en faveur des opprimés n’est pas de tout repos. Dans un communiqué relayé hier, il a indiqué avoir fait l’objet de menaces la veille, par des individus qui se sont présentés à son hôtel, à Mayotte. « Des milices du Front national et du colonel Azali Assoumani sont venues à mon hôtel pour m'interpeller et me menacer verbalement en présence du personnel de l'hôtel. Cette milice m'a intimé de faire partir cette famille (celle de Fanou, Ndlr) de l’île de Mayotte dans un délai de 48h faute de quoi elle prendra les dispositions adéquates pour évacuer la mère du feu Ahmed Abdou, ses enfants mineurs et les autres membres de sa famille », fait-il savoir, non sans rappeler que les personnes visées étaient victimes aux Comores des « persécutions militaires et judiciaires, de tortures psychologiques ». Une référence aux interminables interpellations et interrogatoires dont ils faisaient l’objet, à Moroni.

 

Le 13 novembre, le chef de l’État Azali Assoumani a fait l’objet d’une attaque à l’arme blanche alors qu’il assistait aux funérailles d’un proche à Salimani dans la région d’Itsandra. Arrêté par les services de sécurité, son assaillant est mort en détention. L’annonce a été faite le lendemain. Les officiels qui ont intervenu dans cette affaire, du procureur de la République à la porte-parole du gouvernement, ont soigneusement fait l’impasse sur le lieu de détention du jeune militaire, et ce alors que les rumeurs sur une possible détention à la présidence vont bon train. L’enquête sur les circonstances du décès a été abandonnée trois semaines plus tard. Le parquet estimant qu’ « il n’existe ni blessures par arme à feu ni par arme contondante ou tranchante » sur le corps du défunt. Said Larifou qui fait partie de ceux qui ont soutenu mordicus que le corps de Fanou a été « mutilé », promet que la famille, pour laquelle il demande « le bénéfice des dispositions de la convention de Genève relative au statut des réfugiés », fera des « révélations » depuis Mayotte. A Moroni, la mère de Fanou avait tenté de tordre le cou aux rumeurs, affirmant lors d’un entretien avec un media proche du pouvoir, que le corps de son fils « n’a pas été mutilé ». D’aucuns estiment qu’elle a été forcée. Sans doute…

 

TM

 

 

 


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