La Gazette

des Comores

Mort du journaliste Ali Abdou : La famille de la victime porte plainte pour assassinat

Mort du journaliste Ali Abdou : La famille de la victime porte plainte pour assassinat © : HZK-LGDC

Alors que le dossier a été classé sans suite par le procureur de la République de Moroni, des nouveaux éléments viennent soulever la thèse d’une mort criminelle sur l’affaire du journaliste Ali Abdou, retrouvé mort à son domicile le 12 décembre dernier. Face au silence du parquet, la famille dépose plainte contre x au tribunal de Moroni pour assassinat.


Retrouvé mort le 12 décembre 2020 à son domicile à Malouzini, des nouveaux éléments troublants sont apparus, suscitant une nouvelle mobilisation du Syndicat des journalistes et de la famille du défunt. En effet, l'article publié le 27 février par le site d’informations nationalmagazineweb.com rapporte que le corps sans vie d’Ali Abdou « baignait dans une mare de sang » et que « son globe oculaire gauche était sorti de son orbite ». Ceci alors que le procureur de la République lors d'une conférence de presse le 14 décembre 2020, soit le troisième jour de la découverte macabre, tendait vers une mort naturelle, tout en précisant qu'aucune trace de sang ni blessure n’ont été retrouvés.

 

S’appuyant sur les nouveaux éléments du site d’informations ci-haut cité, la famille et le Syndicat des journalistes se sont constitués partie civile et ont déposé samedi 12 mars dernier, une plainte contre x. L’avocat de la famille d’Ali Abdou, Me Gérard Youssouf a regretté que l'enquête ait été bâclée. « Le procureur a mené une enquête expéditive alors que sur cette affaire, il y'avait un mobile clé situant la thèse criminelle avec des suspects potentiels. Donc aujourd'hui nous allons déposer une plainte au cabinet du doyen des juges d'instruction », a-t-il fait savoir. « Il est plus qu'évident qu'Ali Abdou a été victime d'un crime. Il n'est pas mort naturellement et notons qu’à ce jour la famille n'a pas eu accès aux affaires personnels du défunt, ni au rapport du médecin examinant, ni au certificat de décès », révèle l’avocat.

 

Le classement sans suite de cette affaire face à des preuves aussi solides et des suspects potentiels en dit long sur la volonté de certaines personnes à étouffer dans l’œuf cette affaire. Ce qui est dur à avaler aux yeux de la famille et des collègues journalistes de la victime. « Mes clients ont perdu un fils, un soutien de la famille. Cette perte constitue un grand vide à combler. Il est plus qu'évident que connaître les circonstances de la mort de leur enfant est une démarche tout à fait légitime », poursuit l’avocat.

 

Présente sur les lieux, la famille d’Ali Abdou n'a pas pu retenir les larmes. Quant au président par intérim du syndicat national Chamsouddine Said Mhadji assure que « le syndicat ne lâchera pas prise. Nous demandons justice pour notre frère car effectivement nous sommes sa deuxième famille ». Soulignons que depuis la révélation des éléments troublants par le site d’informations en question le procureur de Moroni en charge du dossier ne s'est pas prononcé  sur ce sujet malgré les sollicitations de nombreux journalistes.

 

Andjouza Abouheir

 


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