Les autorités par la voix du coordinateur de la gestion de crise laissent planer le doute sur la détection du Covid-19. Devant la presse, Houmed Msaidié a reconnu que le pays ne dispose pas des moyens pour « confirmer ou infirmer la présence du Covid-19 ». Rappelons que si le fameux PCR est arrivé, il n’est pas encore opérationnel.
En conférence de presse samedi dernier, le coordinateur de la gestion de crise et non moins porte-parole du gouvernement a mis de l’eau dans son verre. Son verbe, cette fois, a été l’on ne peut plus prudent, lui qui était a toujours été catégorique sur l’absence du covid-19 à Moroni malgré l’absence des moyens techniques.
En effet, Houmed Msaidié reconnait que jusqu’à présent « nous ne disposons pas des moyens nous permettant de confirmer ou d’infirmer la présence du Covid-19 aux Comores ». Loin s’en faut ses collègues continuent à clamer qu’aux Comores, « le virus n’est pas encore présent » ou encore, « si virus on a, alors il est inoffensif » non sans ironie. Reste à savoir si désormais ils vont tous être sur la même longueur d’onde ou s’ils vont tirer à hue et à dia.
En tout cas la directive est donnée car Houmed Msaidé veut bien céder la blouse à qui de droit, notamment au comité scientifique et au sous-comité de prise en charge de s’exprimer sur cette pandémie. Et par la suite les politiques prendront les mesures conséquentes comme le rappelle le porte-parole.
Dans cette nouvelle position, Msaidié insiste que le protocole tracé par l’OMS est la seule science qui peut dire plus sur une personne contaminée ou pas. « Il y a obligation que le pays possède le matériel qui permettrait de faire toute sorte de test et d’analyse en cas de suspicion. C’est pour cela qu’au tout début de cette maladie, nous avons demandé du soutien à tous nos partenaires », poursuit celui qui cite toute une liste. « D’ici à la fin de ce mois, nous seront en mesure de déterminer notre statut » par rapport à cette épidémie.
Autre concession de taille, l’aveu du manque de moyens médicaux : « Tel que nous disent le sous-comité scientifique et le sous-comité de prise en charge, il y a encore loin de la coupe aux lèvres en matière de médicaments. Nous en avons un peu dans les bureaux de l’Ocopharma », affirme-t-il, rassurant que tous les moyens sont déployés pour y remédier, y compris les masques qui sont en faible quantité.
Sur le remède amélioré de Covid-organics produit à Madagascar, le coordinateur ne semble pas convaincu, et ne se prive pas de lancer quelques ironies comme il en a l’habitude. En effet il prie que le gros thym, très présent aux Comores, soit aussi efficace pour lutter contre la pandémie. Il évoque à cette occasion un article de libre opinion publié dans notre édition N°3624 du jeudi 23 avril. « Il y a une épidémie qui fait rage sur l’ensemble de l’archipel et pour s’en sortir on se soigne avec toutes sortes de plantes, de girofle et de gingembre », dit celui qui appelle à une indépendance scientifique sur les plantes médicinales et les recherches à effectuer médicalement sur le pays.
A.O Yazid
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