La Gazette

des Comores

Msomo na ntseho : Un sketch pour défendre les droits des enfants

Msomo na ntseho :  Un sketch pour défendre les droits des enfants © : HZK-LGDC

Dans la soirée du lundi 6 juillet dernier, un sketch présenté par le club des juristes comoriens, en collaboration avec les jeunes de Mtsangani et Badjanani à la Place Badjanani, a passionné l’assistance. L’histoire, inspirée de réalités sociales, mettait en scène une famille endeuillée, un père confronté à la grossesse de sa fille, et un procès porté devant la cour d’assises. La représentation a ouvert un débat sur la justice, la responsabilité parentale et la protection des mineurs.


La nuit tombait doucement sur Moroni, et la place Badjanani s’illuminait de lumières et de sourires. Les familles arrivaient par petits groupes, les enfants courant devant, impatients de découvrir ce que les organisateurs avaient préparé. Sur l’estrade de la mairie de Moroni, les membres du club académique des juristes avec des jeunes de Mtsangani et de Badjanani, se préparait à jouer leur sketch. Lorsque les lumières se sont concentrées sur eux, le silence s’est installé. Le récit commença par une maison endeuillée : une mère disparue, un père accablé, et une jeune fille dont le destin basculait. Un grand homme frappa à la porte, demandant la main de la jeune femme promettant le grand mariage et l’accomplissement social chez le père. Mais derrière cette demande se cachait une vérité bouleversante : la jeune fille était enceinte. Le père, abasourdi, découvrait la nouvelle dans un échange tendu où les mots pesaient.

Puis, la scène se déplaça vers le tribunal : un dossier judiciaire ouvert, un procès porté devant la cour d’assises. Les jeunes acteurs, avec une intensité remarquable, rejouaient les débats, les interrogations, les plaidoiries. La fiction devenait miroir de réalités sociales, et chacun dans l’assistance pouvait y reconnaître des échos du quotidien. « Notre objectif était de mettre en lumière et de rappeler aux citoyens la nécessité de mettre fin aux infractions répétitives qui minent notre société ces dernières années. Pour ma part, en tant qu’avocat de l’accusé principal dans l’événement, j’ai défendu mon client tout en défendant également les droits de l’enfant face à ses parents. La jeune fille avait été déscolarisée, maltraitée à la maison par son père et contrainte à un mariage. Après toutes ces épreuves, elle a pris la fuite de sa famille et a choisi de passer une journée avec un individu afin de trouver un peu de paix et de tranquillité » nous livre Izidine Mchangama, contrôleur général du club académique des juristes comorien.

Le public, certains murmuraient, d’autres hochaient la tête, touchés par la force du message. L’ambiance était à la fois festive parce que la jeunesse s’exprimait avec talent et importante parce que les thèmes abordés rappelaient les fragilités de la société et l’importance de défendre les droits des enfants. L’évènement MSOMO NA NTSEHO, organisée par le CASM et le CCLB en collaboration avec le club académique des juristes comorien était produit pour répondre à un pari commun : promouvoir et défendre les droits de l’enfant et transformer la soirée du 6 juillet en un espace de réflexion. « Pour cette première édition, nous avons choisi de nous concentrer sur l’éducation que nous transmettons à nos jeunes et sur les conséquences qu’elle peut avoir, qu’elle soit bonne ou mauvaise. » conclut Walid Maoulida, initiateur principal du spectacle.

Aticki Ahmed Ismael


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