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des Comores

Médias / La décision de trop de Kiki ?

Médias  / La décision de trop de Kiki ? © : HZK-LGDC

Lundi 16 avril, Al-Watwan brille par son absence dans les kiosques. Pour cause, la direction et la rédaction auraient décidé, unanimement, de ne pas se soumettre au « diktat » du ministre de l'Intérieur chargé de l'Information et des Relations avec les institutions. Mohamed Daoudou aurait exigé du journal d’Etat « de n’émettre aucune critique » sur la décision du Chef de l'Etat de transférer les compétences de la Cour constitutionnelle à la Cour suprême. La décision de trop d’un ministre en charge de l’Information qui continue d’abuser de son autorité.


Une recommandation inacceptable pour le journal qui a de ce fait décidé de déserter les kiosques. Ce n’est pas la première fois que le ministre en charge de l’Information piétine la liberté de la presse. Cette intrusion n’est qu’une confirmation de la ligne débordante qu’a adoptée le patron du parti Orange depuis son accession au ministère de l’intérieur. Ce qui vient de se passer à Al-Watwan, est tout sauf du nouveau. On se rappelle du jour où le ministre de l’Intérieur s'est rendu à l’imprimerie Graphica pour tenter de censurer le journal Al-Fajr, évoquant des raisons de sécurité nationale.

 

Ces derniers temps, la presse est de plus en plus muselée en Union des Comores. Des faits de plus en plus inquiétants. Agression physique sur des journalistes, arrestations abusives autant de dérives qui piétinent le Droit à l’information et la liberté d’expression. La dernière en date: l’arrestation de Paul Charles Delapeyre, ancien Conseiller privé du vice président en charge de l'économie, qui se trouve placé en mandat dépôt pour délit d’opinion. Les raisons de son emprisonnement semblent encore floues.

 

Pourtant, on croyait la censure révolue, surtout à l'ère du web2.0. Aujourd’hui, tout passe par les réseaux sociaux avant d’être publié le dans les journaux et médias classiques. L’intérêt de censurer un journal apparaît comme une aberration quand on sait que les informations, outre les réseaux sociaux, seront disponibles sur d'autres supports. Le président Azali aurait-il déjà oublié que c’est grâce à la rapidité et à la pertinence de ces mêmes médias, y compris Al-Watwan, qu’il a pu aujourd’hui accéder au pouvoir, dans un contexte politique particulièrement  mouvementé où rien n’était définitivement acquis ?

 

 

Mohamed Youssouf

 


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