Un atelier national de deux jours s’est ouvert ce mercredi 27 août à Moroni pour valider la réforme du code de l’information et de la communication. Initiée par le Conseil national de la presse et de l’audiovisuel (CNPA), en partenariat avec le ministère de l’information et financé par l’ambassade de France, cette rencontre réunit institutions publiques, acteurs des médias, experts nationaux et internationaux, dans l’objectif de doter le pays d’un cadre juridique adapté aux nouveaux enjeux du numérique.
Le président du CNPA, Aboubacar Boina, a souligné l’importance de cette diversité des participants qui « garantit que nous aurons des discussions enrichissantes et éclairées, et que les propositions des réformes qui émergeront de cet atelier seront le fruit d’une réflexion collective et représentative de l’ensemble de la société comorienne. » Selon lui, la réforme doit aboutir à une régulation plus efficace, transparente et responsable des médias, tout en tenant compte des défis liés à la désinformation, à la protection des mineurs et aux dérives des réseaux sociaux.
Au nom de la ministre de l’information, le directeur général du ministère, Bindjad Ismael, a rappelé que l’évolution rapide des technologies bouleverse les modes de communication. La multiplication des réseaux sociaux, des plateformes et des médias en ligne échappant largement à toute régulation représente, selon lui, un défi majeur. « L’information et la communication audiovisuelles numériques deviennent très vite des enjeux nécessitant une adaptation des dispositifs juridiques et des moyens d’action pour mieux protéger la liberté d’expression, tout en luttant contre la désinformation, la diffamation et les discours de haine en ligne », a-t-il déclaré. Le gouvernement soutient pleinement le processus engagé par le CNPA. L’objectif est de renforcer les mécanismes de régulation, d’intégrer la protection des mineurs face aux contenus inadaptés, de lutter contre le piratage audiovisuel et de définir un cadre clair pour les plateformes numériques.
L’atelier bénéficie de l’appui de l’expertise internationale, notamment avec la participation de Maître René Bourgoin, président de la Haute autorité de communication audiovisuelle de la Côte d’Ivoire et président en exercice du Réseau des instances africaines de régulation de la communication. Les travaux permettront d’examiner le projet de loi soumis à validation et d’élaborer des propositions adaptées aux réalités nationales. Pour le directeur général du ministère, cette réforme constitue « une étape importante pour garantir que notre pays reste à la pointe de la révolution numérique tout en protégeant les valeurs de respect, de tolérance et de démocratie ». Au terme des travaux, les recommandations issues devraient tracer les grandes lignes d’un cadre modernisé de l’information et de la communication aux Comores. L’ambition affichée est de garantir la liberté d’expression tout en luttant contre les dérives numériques, et instaurer un environnement médiatique responsable, respectueux des droits des citoyens.
Mohamed Ali Nasra
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