La Gazette

des Comores

Nouvelles taxes douanières: La grogne des commerçants

Nouvelles taxes douanières:  La grogne des commerçants © : HZK-LGDC

Le secteur commercial du pays traverse une zone de turbulences. Le lundi 1er septembre à Moroni, le Syndicat national des commerçants (Synaco) a tiré la sonnette d’alarme après l’instauration soudaine de nouvelles taxes douanières, jugées « lourdes de conséquences » pour l’économie et pour les citoyens.


Ces mesures, issues d’un mémorandum d’entente signé entre le patronat et le gouvernement, ont pris de court de nombreux opérateurs économiques. Selon Abdou Boina, président du Synaco, la décision a été imposée sans véritable concertation : « Deux mois plus tôt, les autorités nous avaient assuré d’une suspension temporaire, le temps d’un dialogue. Pourtant, vendredi dernier, nous avons appris leur entrée en vigueur immédiate, sans même recevoir de note officielle. » Pour les commerçants, cette politique fiscale semble autoritaire et déconnectée des réalités locales. « Ce n’est pas uniquement un problème commercial. Chaque Comorien sera concerné, car les prix des produits de première nécessité vont inévitablement grimper », prévient Abdou Boina. Le patronat estime que la mesure affaiblit encore davantage le pouvoir d’achat des ménages et fragilise un tissu économique déjà éprouvé.

Au-delà des taxes, les commerçants pointent aussi du doigt la société Moroni Terminal, accusée de pratiques abusives, notamment la facturation de frais durant les jours non ouvrés. S’ajoute à cela le non-respect de la promesse gouvernementale d’allonger le délai de dédouanement à dix jours, une situation qui complique davantage la vie des opérateurs économiques et alimente la méfiance envers les autorités. « Nous ne comprenons pas pourquoi ces mesures sont appliquées sans dialogue. Le gouvernement doit écouter les acteurs du secteur avant que la situation n’échappe à tout contrôle », insiste encore Abdou Boina.

Face à cette crise, le Synaco plaide pour l’ouverture immédiate de discussions entre le gouvernement et le patronat, afin de trouver des solutions durables. Les commerçants espèrent qu’un tel dialogue permettra de protéger à la fois l’équilibre économique du pays et la stabilité des prix pour les consommateurs. Dans un contexte où chaque décision économique pèse directement sur le quotidien des Comoriens, le débat sur les taxes douanières rappelle une évidence : les choix fiscaux ne peuvent être détachés de leurs impacts sociaux. Entre impératifs techniques et réalités de terrain, le gouvernement est désormais interpellé sur sa capacité à concilier politique économique et bien-être des citoyens. Le commerce, pilier de l’économie nationale, se retrouve ainsi au centre d’une négociation déterminante, où la transparence et la concertation apparaissent comme les seules issues pour éviter que la « taxe de la discorde » ne dégénère en véritable crise sociale, la veille d’une rentrée scolaire déjà tumultueuse.

Mohamed Ali Nasra

 

 


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