Depuis 2022, la société ONICOR a engagé des procédures judiciaires pour recouvrer des crédits accumulés depuis plusieurs années. On parle de plus de deux milliards de francs comoriens. Cependant, malgré les efforts déployés, le processus s’avère long et complexe. Depuis deux mois, la société travaille avec la gendarmerie pour récupérer cet argent.
Les dettes en question remontent à 2011, avec un montant total de 1 milliard 246 millions de francs comoriens répartis entre les différentes îles de l’archipel. À Anjouan, le montant à recouvrer s’élève à 925 millions, tandis qu’à Mohéli, il est de 20 millions, et plus d’un milliard pour Ngazidja. Une opération de recouvrement a été lancée depuis deux mois à Anjouan avec le soutien de la gendarmerie nationale, aboutissant à des arrestations et des gardes à vue. À Ngazidja, l’opération a débuté samedi dernier, avec l’arrestation de 11 personnes. La même opération se déroulera à Mohéli la semaine prochaine.
Ces sommes, détenues par des clients dormants ou récalcitrants, représentent un enjeu crucial pour la trésorerie de l’ONICOR. Pour accélérer le processus, l’ONICOR a décidé de collaborer avec les forces de l’ordre. « Avant d’arriver à cette étape, nous avons épuisé tous les recours possibles. Nous avons envoyé des huissiers, contacté les débiteurs, mais nous n’avons jamais eu de réaction. Nous avons donc jugé nécessaire de changer de méthode pour recouvrer notre argent », explique le chef commercial de l’ONICOR, Omardine Mohamed.
Selon les termes des contrats signés avec l’ONICOR, les clients disposent d’un délai maximum de 45 jours pour régler leurs dettes. Ceux qui s’acquittent de leurs obligations peuvent être relâchés. Cependant, de nombreux clients n’ont pas encore trouvé de solution pour payer. « Avant de collaborer avec les forces de l’ordre, nous avons contacté les débiteurs. Certains se sont manifestés et se sont engagés à régler leur situation. Ceux-là ne seront pas concernés par l’opération de recouvrement. Mais si vous êtes sur la liste et que vous ne vous êtes pas manifesté, vous serez appelé », précise-t-il.
L’ONICOR souligne que ces dettes mettent en péril la survie de l’entreprise : « Il a vendu le riz et il a utilisé la marge et le capital. Comment la société pourrait-elle survivre ? » s’interroge-t-il. Avec plus de 108 clients concernés, l’opération de recouvrement est d’une ampleur considérable. Certains clients se sont engagés à payer, mais les montants restent élevés. À Ngazidja, la dette la plus importante s’élève à 70 millions, tandis qu’à Anjouan, elle atteint 87 millions. « En l’absence de paiement, la garde à vue pourrait se prolonger, bien que notre objectif principal soit de trouver une solution pour le règlement des dettes », souligne-t-il.
Par ailleurs, l’ONICOR dénonce les rumeurs et les fausses informations circulant sur les réseaux sociaux, compliquant davantage la situation. L’entreprise appelle à la prudence et encourage les parties concernées à régler leurs dettes plutôt que de propager des informations erronées. « Ces dossiers concernent uniquement des commerçants. Nous ne faisons pas de politique. Si vous êtes sur la liste, vous devez payer. C’est tout », conclut-il. Déjà en difficulté financière, l’ONICOR ne peut se permettre de laisser ces sommes impayées. La société insiste sur la nécessité de recouvrer ces fonds pour assurer sa pérennité et continuer à fournir ses services à la population. En attendant, l’opération de recouvrement se poursuit, avec l’espoir que les sommes dues seront enfin récupérées.
MY
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