À quelques jours de la fête de l’Aïd El Fitr, les fonctionnaires de l’État ont enfin perçu un mois de salaire. Ce versement représente une bouffée d’oxygène pour des milliers de familles, longtemps suspendues à l’arrivée du salaire de février. L’attente a été longue, et le versement est intervenu à moins de dix jours de la fête.
La situation reste néanmoins préoccupante. Un seul mois versé est loin des attentes des fonctionnaires, qui espéraient le paiement de deux mois, comme cela a déjà été pratiqué par le passé. Au début du mois sacré, les communications du ministère des Finances laissaient entendre que deux mois seraient versés pour permettre aux familles de mieux gérer leur quotidien et préparer l’Aïd. Chaque jour, Mohamed S, cadre au ministère de l’Éducation nationale, vérifiait aux guichets de sa banque si le paiement était arrivé. « C’est un rituel qui dure depuis dix jours », nous confie-t-il. Il ajoute : « Cette situation pèse sur l’ambiance à la maison. Les enfants n’arrêtent pas de me demander quand nous irons acheter leurs habits pour l’Aïd. » Deux jours avant le versement, nous l’avons rencontré, il a sans doute été parmi les premiers à se rendre au guichet le lendemain.
Un fonctionnaire du ministère des Finances attribue ce retard à des calculs politiques plutôt qu’à un problème de trésorerie. « Les recettes sont suffisantes pour payer les fonctionnaires. Les principales régies de l’État ont réalisé des résultats supérieurs aux prévisions », explique-t-il. Selon notre source, les douanes ont atteint 140% des prévisions, tandis que les services des impôts affichaient environ 120% pour janvier-février. Un autre agent des impôts confirme ces chiffres, mais évoque un contexte international tendu, notamment le conflit déclenché par Israël et les États-Unis contre l’Iran. « L’État adopte une approche prudente face à la situation au Proche-Orient. Le paiement des deux mois n’est pas remis en cause, mais certaines hésitations subsistaient en raison de cette crise internationale. »
Outre le retard, les fonctionnaires doivent composer avec des difficultés logistiques. La plupart, domiciliés à la Banque Postale (anciennement SNPSF), disposent seulement de deux guichets (Port et Volovolo). Toucher son salaire relève parfois d’un véritable parcours du combattant. « Depuis la fermeture des guichets périphériques, c’est le branle-bas de combat. Ce mois de Ramadan, la situation est encore plus compliquée », précise notre source. En effet, depuis plus d’un an, les guichets périphériques et les GAB de l’ancien SNPSF sont hors service, provoquant des perturbations à chaque paiement des fonctionnaires.
Imtiyaz
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC