Partie intégrante de la Conférence de Paris de décembre dernier et du Plan Comores Emergentes, le Plan de Développement Intérimaire est lancé hier jeudi. Un moment déterminant pour le gouvernement pour mettre les bouchées doubles afin de réduire la pauvreté, redresser les sociétés d’Etat et relancer l’économie pour atteindre l’émergence du pays à l’horizon 2030.
Dans l’objectif de refonder la nation avec un élan de développement afin de hisser le pays au rang de l’émergence, le gouvernement sous la supervision du secrétariat général du gouvernement et du Commissariat Général au Plan (CGP) a tenu, hier, le séminaire gouvernemental sur le lancement du Plan de Développement Intérimaire (PDI) 2020-2024. Un moment de convivialité, de partage d’idées et d’exposition d’une politique devant relancer l’activité économique du pays, exposer une stratégie de lutte contre le chômage et de création d’emploi. Un plan qui constitue en soi, une partie intégrante de la Conférence des Partenaires au développement des Comores qui a eu lieu à en décembre 2019 à Paris.
Dans son allocution, le secrétaire général du gouvernement, Idaroussi Hamadi a salué « l’aboutissement d’un travail collectif engagé » dans le but d’élaborer ce plan qui constitue un document opérationnel du Plan Comores Emergentes (PCE), un outil fondamental d’action de tous les acteurs au développement. « Le PDI porte essentiellement sur les socles, les catalyseurs et les conditions de mise œuvre du Plan Comores Emergentes déclinés en actions prioritaires […] dans les dimensions sectorielles et transversales pour la période 2020-2024 », précise Idaroussi Hamadi. Ce dernier rappelle que « le tourisme et l’artisanat » constituent des atouts majeurs. « Le développement de l’économie bleue, la modernisation de l’agriculture, la diversification de l’économie par l’industrialisation et la promotion des services financiers et des infrastructures économiques de base se réaliseront dans un environnement macroéconomique favorable et résilient au changement climatique et aux catastrophes naturelles », poursuit-il.
Pour y accéder, le SGG rappelle qu’un accent particulier est mis sur le développement du capital humain à travers le plan national de formation, du redressement des sociétés d’Etat qui constituent inévitablement les fondements et les conditions de réussite du processus d’émergence socio-économique de l’Union des Comores. Un redressement des sociétés d’Etat expliqué par Omar Bin Abdillah, jeune cadre du CGP. Ce dernier précise que ce projet de redressement constitue le pilier du développement. Selon lui, les enquêtes effectuées ont permis de constater trois grandes problématiques majeures à l’instar de la gouvernance notamment par la dissolution des Conseils d’administration, le non-respect du ratio de la masse salariale et le non-respect en passation de marché.
Il remet en question le manque de rentabilisation des finances des sociétés d’Etat. Chiffres à l’appui, ce jeune cadre prouve qu’il y’a une diminution du chiffre d’affaires des sociétés d’Etat d’environ 30% entre 2017 et 2019. « Nos sociétés cumulent beaucoup de dettes. Ces dernières sont à peu près 25% du PIB national et sont engendrées au niveau de l’Etat, des partenaires au développement et des sociétés entre elles », explique-t-il en affirmant que l’Etat contribue plus dont près de 50% pour une seule société. « Il est aujourd’hui important de redresser les sociétés d’Etat pour pouvoir rembourser la contribution du gouvernement et rehausser l’émergence du pays », dit-il en annonçant que cinq points majeurs ont été fixés pour lancer ce redressement en suivant le cadre de référence du FMI et en suivant les recommandations des assises.
Présent pour lancer officiellement le PDI, le président Azali Assoumani rappelle qu’il s’agit là d’une phase cruciale pour la mise en œuvre du PCE et qui va impliquer les acteurs nationaux, internationaux et régionaux. « Le PDI […], vise la croissance économique et la réduction de la pauvreté », annonce le Président de la République pour qui, ce plan se concentre sur la création d’emplois, l’investissement, la formation et le renforcement des capacités. Le chef de l’Etat appelle à l’amélioration de la gouvernance financière, à la disposition de ressources humaines compétentes et motivées et d’une jeunesse constituée en fer de lance du développement du pays. Raison pour laquelle, le commissaire général au plan, Fouad Goulam a annoncé l’importance de créer beaucoup d’emplois (85 milles au moins) en plus des projets de reformes.
A.O Yazid
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
© : HZK-LGDC