La Gazette

des Comores

Plaques d’immatriculation : La gendarmerie met les pendules à l’heure

Plaques d’immatriculation :  La gendarmerie met les pendules à l’heure © : HZK-LGDC

La brigade routière de la gendarmerie nationale est l’on ne peut plus claire : les plaques d’immatriculation doivent impérativement être de caractères blancs sur fond noir. Pour ce qui est du choix du matériau, plastique ou aluminium, cela ne tient qu’au propriétaire du véhicule.


La brigade routière de la gendarmerie veut tordre le cou aux on-dit. Samedi dernier dans la journée, elle a organisé une conférence de presse pour faire connaître au public sa position officielle sur ce qui est de la régulation des plaques minéralogiques, objet de toutes les supputations ces derniers jours. En effet, alors qu’il est demandé aux automobilistes d’avoir des plaques aux caractères blancs sur fond noir, d’autres rumeurs prétendent que la gendarmerie a aussi exigé des plaques en aluminium. Pour cette dernière raison surtout, les chauffeurs se ruent vers Magoudjou pour faire fabriquer et poser les fameuses plaques. À Magoudjou spécialement puisque dans tout Moroni, selon les usagers, il n’y a qu’ici où il y a des fabricants des plaques en aluminium. Et ils ne sont que deux. C’est peu dire que ces deux endroits sont pris d’assaut par les automobilistes qui font le pied de grue parfois pendant 3h de temps après la commande. Le prix varie entre 6.500 Fc et 10.000 Fc selon la dimension des plaques à poser sur des véhicules formant une file indienne le long de cette rue commerçante.

 

Au-delà du fait d’être pris au dépourvu faute d’une campagne de sensibilisation, la longue attente exaspère les chauffeurs. « Hier vendredi (3 décembre, Ndlr) les gendarmes de la brigade routière m’ont enjoint de remplacer mes plaques par d’autres en aluminium au plus tard ce samedi, sous peine d’avoir des ennuis ». Il faut dire que ce chauffeur de taxi de la ligne Moroni-Mitsoudjé a eu de la chance puisque les autres chauffeurs que nous avons interrogés n’ont pas eu d’avertissement. Ils ont reçu directement l’amende en plus de la saisie du véhicule le temps de régler la contravention de 2000 Fc selon toujours les témoignages.

 

« Moi je suis tombé sur la police. Ils m’ont confisqué mes documents et demandé d’aller déposer les passagers et revenir. Je remplace les plaques avant d’y aller mais pas question de payer une amende à moins d’aller devant la justice parce que je ne suis pas encore convaincu qu’ils aient le droit de faire ça », fulmine ce chauffeur de la ligne Moroni-Ntsoudjini, connu sous le surnom de « Chômeur d’État ». 25 ans sur la route, difficile d’admettre que ce quinquagénaire porte bien son surnom.

 

Comme les autres chauffeurs rencontrés chez les fabricants de plaques de Magoudjou, « Chômeur d’État » n’en revient pas que les autorités « imposent » aux chauffeurs des plaques en aluminium. « Ils pénalisent ainsi les petits fabricants qui ne sont pas mieux équipés pour faire des plaques en aluminium. Mais l’on sait que ce n’est pas sans contrepartie... ». Seulement, « Chômeur d’État » comme ses collègues de la route sont victimes d’une désinformation parfois favorisée par des détenteurs de l’autorité publique. Officiellement, la gendarmerie n’a pas imposé des plaques en aluminium. Elle laisse le soin aux pariétaires des véhicules de choisir le matériau de leur choix : plastiques ou autres. « Nous, ce que nous voulons, ce sont des plaques lisibles, en caractères blancs sur fond noir. Nous n’avons jamais demandé aux gens de se rendre [à Magoudjou]. Chaque personne peut aller chez le fabricant de son choix.  Plastique ou pas, l’essentiel est que la plaque soit lisible de 5 à 10 mètres la nuit », devait clarifier Athoumani Ali Mdroivili de la brigade routière, lors de la conférence de presse. Une nouvelle qui va sans doute soulager les fabricants des plaques en plastique qui se sentaient menacés.

 

Andjouza Abouheir

 


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