Dans le cadre du projet d’amélioration de la santé bucco-dentaire auprès des filles et garçons des écoles primaires publiques les plus vulnérables, financé par l’OMS, l’ONG ADDE a réussi à éduquer plus de 2000 écoliers sur l’hygiène bucco-dentaire. Les bénéficiaires se disent conscients des maladies bucco-dentaires et comptent rendre cette action pérenne.
Après 6 mois d'activités dans le cadre du projet porté par l'ADDE sur l’amélioration de la santé bucco-dentaire auprès des filles et garçons des écoles primaires publiques des quartiers vulnérables comme Shiwe et Chitsangani à Mutsamudu, une équipe de l’OMS en collaboration avec le ministère de la santé a effectué vendredi 9 et dimanche 11 décembre un travail de supervision et d'évaluation sur le terrain à Anjouan. Sur place, l’équipe a découvert des enfants épanouis et des enseignants impliqués à ce problème de santé publique. Environ 800 élèves (de maternelle au CM2) de l'école primaire de Shiwe et plus de 300 élèves de l’école primaire de Chitsangani ont été éduqués sur l'hygiène bucco-dentaire.
Rencontré à Shiwé, la petite Nasra, âgée de seulement 8 ans montre que l’hygiène bucco-dentaire est très important pour son bien être. « Je brosse mes dents trois fois par jour comme l’ont suggéré les dentistes et les professeurs. On nous a dit qu’une hygiène dentaire appropriée est le meilleur comportement pour éliminer les bactéries malsaines dans notre bouche et il faut éviter les sucreries », confie-t-elle. Même son de cloche que les enfants de l’école de Chitsangani qui n’ont pas manqué d’inviter les autres élèves à avoir des habitudes appropriées pour une bonne hygiène dentaire.
Quant à la présidente du conseil de l’école de Chitsangani Dr Amina Abdillah, elle a montré l’intérêt d’un tel projet et son enthousiasme. « Je suis pharmacienne, la question de santé publique est très importante donc je ne peux qu’encourager ce projet. Nous l’avons embrassé et nous avons fait en sorte de l’élargir dans le quartier où se situe l’école », dit-elle, en souhaitant mettre en place un dispensaire au sein de l’école afin de protéger les enfants.
L’engouement de la communauté a poussé l’ONG à élargir l’activité au sein des écoles coraniques. Dans les madrassas, la délégation a rencontré des enfants disciplinés, assidus et soucieux de leur santé. Et comme la religion musulmane le recommande, la propreté est une nécessité. « Le prophète a recommandé aux musulmans de se brosser les dents plusieurs fois dans la journée. Donc ce projet est très important », précise Oustadh Ibrahim.
Du côté des médecins, le docteur Ansuffoudine Mohamed, précise que ce projet est d’une grande envergure. Les problèmes bucco-dentaires peuvent créer aussi des maladies cardiovasculaires chez les enfants, qui peuvent induire une chirurgie. « En tant que cardiologue, j’ai vu une opportunité. Nous avons fait des consultations et recherché le souffle cardiaque. Nous avons trouvé 40 cas de souffle cardiaque chez des enfants. Ce qui reste à faire, c’est de faire des échos pour que ces enfants soient suivis. Nous avons fait une réunion avec la mairie et quelques responsables de la ville pour la pérennisation du projet », indique-t-il. La prise en charge bucco-dentaire revêt un grand intérêt. Elle permet de réduire le taux de bactériémie occasionnée par la maladie parodontale, et par conséquent de diminuer le risque d'endocardite.
Pour mémoire, le projet visait 1741 élèves de 3 à 10 ans, l’ONG est parvenu à sensibiliser et éduquer plus de 2000 élèves, impliquer toute la communauté et a fait 1839 consultations bucco-dentaires, le contrôle de souffle cardiaque ainsi que 2000 kits dentaires offerts aux bénéficiaires.
Andjouza Abouheir
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