La Gazette

des Comores

Pour Hifadhwi, les femmes comoriennes sont sous-représentées en politique

Pour Hifadhwi, les femmes comoriennes sont sous-représentées en politique © : HZK-LGDC

Pour célébrer la journée internationale des droits de la femme, l’ONG Hifadhwi consacre du 08 au 15 mars une semaine virtuelle dédiée à la cause de la femme. C’est l’occasion pour l’ONG d’appeler les partenaires et le gouvernement à accompagner davantage les ONG pour la promotion des droits de la Femme.


Devant la presse vendredi 05 mars dernier, l’ONG Hifadhwi a dévoilé les différentes activités de la semaine dédiée à la femme. Selon la présidente de l’ONG, Rahmatou Goulam, accompagnée de son coordinateur et de sa secrétaire générale, la crise sanitaire a poussé Hifadwi à « se réinventer afin de maintenir la position d'organisation dynamique et engagée ».  L’Ong va se concentrer sur des actions d'information, de communication et de sensibilisation à travers une semaine virtuelle de mobilisation contre les violences faites aux femmes et aux enfants, allant du 08 au 15 mars 2021, sous le thème: "L'instinct maternel, arme pacifique pour combattre  la violence à l'égard des femmes pendant la période de la COVID-19".

 

« Chaque 8 mars est un moment de réflexion, de visibilité et d’action pour les associations de défense des droits des femmes. C’est aussi une occasion unique d’attirer l’attention des médias, des politiques et de l’opinion publique sur les inégalités et les injustices dont les femmes sont victimes à travers le monde. Notre organisation commémore chaque 08 mars, sa naissance en organisant une semaine d'activités de terrain, mais cette fois-ci, la crise sanitaire nous pousse à réfléchir autrement » , souligne-t-elle.

 

Ce thème s'aligne avec celui retenu à l’échelle internationale "leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 " pour célébrer les incroyables efforts déployés par les femmes et les filles du monde entier en vue de  façonner un futur et une relance plus égalitaires suite à la pandémie de Covid-19. Dans le pays, elles sont nombreuses dans cette guerre commune en tant que professionnelles de santé, pourvoyeuses de soins, innovatrices, organisatrices communautaires.

 

C’était l’occasion pour l’Ong de tirer encore la sonnette d’alarme. Malgré la mobilisation de la société civile, des partenaires et l’engagement du chef de l’Etat dans cette lutte, le fléau prend de l’ampleur et comme partout dans le monde, les femmes comoriennes sont victimes de violences sexuelles et économiques. Elles sont agressées, battues, violées pour la simple raison qu’elles sont femmes. Elles sont sous-représentées dans les milieux culturels, sportifs, et politiques, pour ne citer que ceux-là. Elles sont discriminées avec des paroles sanglantes qui tendent à rabaisser la femme.

 

« Ces agissements de certains hommes sont souvent inculquées dès le jeune âge. Les Femmes Comoriennes vivent des situations économiques très précaires. Elles assument la totalité du travail domestique et le soin des enfants, gratuitement et de manière invisible », s’indigne-t-elle.

 

En 2020 dans l’ensemble des services d’écoute, l’ONG Hifadwi dispose de chiffres des cas  signalés non enregistrés (CSE), dont 18 cas d’agressions conjugales chez la femme, 10 cas d’agressions sexuelles sur mineurs, 17 cas d’agressions en milieu scolaire et 08 abandon d’enfants,  dans l’ensemble des îles. Ces chiffres paraissent moindres mais sont énormes en réalité, par la taille de la population et des valeurs culturelles.

« Il faut que le gouvernement et les partenaires au développement accélèrent le processus de mise en œuvre des Stratégies Nationales de Développement Durable des Comores (SCA2DD, PDI), et du Plan Comores Émergents (PCE) » insiste la présidente de Hifadwi.

 

Andjouza Abouheir

 


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