Selon une publication de la Banque mondiale, 62% des ressources marines qui seront consommées d’ici 2030, seront issues de l’élevage. En effet, depuis 1980, la production aquacole a été multipliée par quatorze pour atteindre 90,4 millions de tonnes en 2012 dont plus 66,6 millions de tonnes de poissons de consommation.
Malgré cette évolution spectaculaire, l’Afrique subsaharienne continue à occuper une place mineure (0,16%), en dépit de son potentiel naturel. Le Tilapia Nilotica présente une répartition originelle strictement africaine. Cette espèce a été largement répandue en Afrique. Il a été introduite à Madagascar en 1956, Tanzanie en 1976 et pour les Comores en 2010, à travers une coopération entre le gouvernement soudanais et les autorités de l’île autonome de Ngazidja de l’époque. Or en dépit de son adaptation rapide, aucun plan n’a été élaboré pour assurer le suivi de l’espèce. L’augmentation des prix des ressources halieutiques et les dérèglements des saisons de la pêche, le développement et la vulgarisation de la pisciculture aux Comores peuvent être une solution palliative à ce problème.
Les ressources halieutiques jouent un rôle majeur dans les habitudes alimentaires et contribuent de manière significative au bien-être de la population comorienne. Cependant, l’accroissement de la demande ainsi que la diminution des captures en milieu naturel, ont engendré une hausse des prix, alors qu’ils constituent bien souvent l’unique ressource alimentaire hautement nutritive, du fait de sa forte teneur en acides gras et en protéine. Les ressources des fonds marins tendent à s’épuiser et la biodiversité marine peine à se régénérer. L’aquaculture apparaît comme une réponse pour réduire la surpêche et satisfaire une consommation de poissons de plus en plus importante.
C’est dans ce cadre que l’Institut national de recherche pour l’agriculture, pêche et environnement et la Direction générale des ressources halieutiques, ont décidé d’initier la pisciculture aux Comores, à travers une étude sur la production d’alevins du Tilapia Nilotica dans des bacs à fibre et bassins. Le Tilapia Nilotica fait partie de la famille des Cichlidae, ils sont résistants aux maladies, se reproduisent facilement en milieu naturelle, consomme une variété de nourriture et tolère une eau de qualité assez médiocre avec un faible taux d’oxygène dissous. Ces caractéristiques rendent les Tilapias apte à l’élevage dans la plupart des pays en voie de développement.
Jeudi dernier, Moustarchid ben Soudjay, le responsable du Département de Recherche océanographique et ressources halieutiques a présenté au ministre Houmed Msaidié et cadres du ministère, le rapport d’étude de la production des alevins de tilapia, qui montre les résultats obtenus après des mois de recherche en laboratoire et qui sont concluants pour passer à la phase d’expérimentation en milieu naturel. Il a déclaré qu’après plusieurs essais en se basant sur plusieurs techniques, actuellement la maîtrise de production des alevins est acquise et la capacité de production est estimée à 15 000 alevins selon les géniteurs déjà disponibles. Plusieurs lots de poissons avec différentes structures d’âge sont élevés au laboratoire du Département pour améliorer la connaissance de la performance de la croissance.
Au terme de ce travail, il était question de faire une étude sur la production de Tilapia Nilotica dans des bacs à fibre et de bassin, compte tenu de son importance économique et nutritionnelle. Aussi, il a été recommandé l’élaboration des cadres stratégique et juridique de l’aquaculture aux Comores, le développement d’un plan d’investissement aquacole et de la pêche; le développement d’une stratégie nationale de l’aquaculture aux Comores.
Mmagaza
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