La Gazette

des Comores

Pratique religieuse / Le Soufisme expliqué par les oulémas

Pratique religieuse / Le Soufisme expliqué par les oulémas © : HZK-LGDC

Jeudi dernier, les oulémas de l’archipel représentatifs des différentes confréries ont organisé une conférence débat pour parler du soufisme aux Comores. Cette rencontre a réuni les grands maîtres de l’archipel et chacun intervenait sur un domaine particulier du soufisme.


Le Soufisme (tassawwuf) a pour but de conduire au degré de l’excellence de la foi et du comportement qui, par la purification du cœur, conduirait à la sincérité spirituelle, celle par laquelle ´´on connaît´´, par laquelle ´´on voit´´. L’exercice spirituel que les soufis privilégient est le dhikr (remémoration, souvenir). Il s’agit d’une pratique consistant à évoquer Allah (Dieu) en répétant son nom de manière rythmée. Jeudi dernier, les oulémas de l’archipel réunis à la Zaaouiya Chadhuliya de Moroni ont pris plus de 3 heures de temps pour parler du soufisme.

 

« Le dikhr est considéré comme une pratique purificatrice de l’âme. Une autre pratique régulière est la récitation de poèmes à caractère spirituel, notamment la louange du Prophète Mohammed », avance Said Ahmed Mouhidine.  Ce dernier montre que le soufi est tiré du coran et des Hadith du prophète Mohammad. Il est montré que pour les soufis eux-mêmes, leur voie est reconnue par les quatre écoles juridiques (madhhab) sunnites, et les quatre fondateurs sont reconnus pour être eux-mêmes des soufis au sens véritable du mot, c’est-à-dire des saints et par les chiites comme une expression de la foi islamique.

 

Dans le soufisme, l’Être suprême est Dieu auquel on accède - c’est-à-dire accéder à son agrément par l’amour de Lui. La première phase est donc celle du rejet de la conscience habituelle, celle des cinq sens, par la recherche d’un état d’ « ivresse » spirituelle, parfois assimilé à tort à une sorte d’extase. Les soufis eux-mêmes parlent plutôt d’«extinction», c’est-à-dire l’annihilation de l’ego pour parvenir à la conscience de la présence de l’action de Dieu. « On ne peut pas entrer dans le soufisme sans avoir fait un retrait spirituel et évoquer Allah tout le temps », montre Nourdine Salim connu sous le nom de Mazamba.

 

Les maîtres soufis distinguent trois phases dans l’élévation de l’âme vers la connaissance de Dieu: d’abord l’âme gouvernée par ses passions. Le postulant à l’initiation, qui est considéré comme étant à ce stade, est appelé mourîd [murîd], (novice; nouvel adepte; disciple). Vient ensuite le degré de l’âme qui se blâme elle-même, c’est-à-dire qui cherche à se corriger intérieurement, l’initié qui parvient à ce stade est appelé salîk (voyageur) itinérant, allusion au symbolique «voyage intérieur». Puis le troisième et dernier niveau est celui de l’âme apaisée.   
Selon les conférenciers, le Soufisme a commencé dès l’aube de l’islam. Au début, le soufi était une réalité sans nom. Au 3e au 6e siècle du Hidjr du prophète Mouhammad à Bagdad, le soufisme commençait à prendre de la place. Le 6e et 7e siècle, il y a la  création des confréries (Toirika). Le IXe siècle, correspondant au troisième de l’Hégire, représente une étape majeure dans l’histoire du soufisme. Durant cette période en effet, les mystiques musulmans explorent les différentes voies de la spiritualité en islam. Les XIIe et XIIIe siècles marquent pour le soufisme le passage à une structuration et une organisation beaucoup plus formelles des confréries. Aux Comores, on distingue le Tidjaniyya, la Qâdiriyya, la Shâdhiliyya, l’Anlawiya et le Rifanyia.

 

Mohamed Youssouf

 


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