La Gazette

des Comores

Procès Bachar Six ans requis contre le principal accusé

Procès Bachar  Six ans requis contre le principal accusé © : HZK-LGDC

Le verdict est attendu pour le jeudi 12 juin 2025. Une annonce faite par les avocats des parties civiles après huit heures de procès. Si le public et les journalistes étaient venus en masse, a leur grande surprise, ils n’ont pu accéder à la salle d’audience puisque le tribunal a décidé de privilégier le huis-clos préserver la vie privée de certaines parties à ce procès, bien qu’aucune d’entre elles ne l’avait demandé. Comme annoncé depuis des jours, l’acteur clé du procès pour insultes et dénonciation calomnieuse à l’endroit de la Commissaire au plan, Najda Saïd Abdallah, a été extrait de sa cellule de la maison d’arrêt de Moroni pour être entendu par le tribunal de première instance de Moroni, en compagnie de nombreux autres mis en cause sur ce dossier.


C’est une nuée de journalistes qui guettait l’arrivée du principal accusé dans cette affaire qui tient en haleine le microcosme politique comorien depuis des semaines, en particulier ceux qui ont un jour ou l’autre échangé avec Bachar qui tenait depuis deux ans une tribune sur Facebook pour dénoncer disait-il les dérives du régime actuel, mais aussi profiter au passage pour régler quelques comptes par personnes interposées. Ce procès avait comme objectif, de situer la responsabilité de chacun, sur les propos injurieux et diffamatoires que le principal accusé avait proféré à l’endroit de la Commissaire générale au plan. Selon le dossier d’accusation, le principal accusé aurait bénéficié de certaines informations de personnes pour essayer de déstabiliser, celle qui est considérée comme la figure de proue du parti au pouvoir dans la capitale.

Avant le début du procès sous la houlette du député du nord de la capitale, Charifa Abdallah Saïd Omar, des femmes ont effectué une marche en soutien à Najda Saïd Abdallah « Nous sommes venues pour démontrer notre soutien à Mme Najda, qui est avant tout, une femme, une mère, une femme engagée dans la vie socio-professionnelle, qui a été attaquée, insultée et trainée dans la boue, sous couvert de liberté d’expression » s’est exprimée la député devant les médias venus couvrir et le procès et la marche. Privés d’audience, les médias ont dû attendre une suspension d’audience pour avoir les premières impressions du déroulement du procès. Parlant en premier, l’avocat de Bachar, Me Djamal, a dit déplorer le huis-clos imposé par le parquet. « Malheureusement, peut-être ce que je peux déplorer dans cette affaire, c’est le fait de priver la population d’être présente. Au-delà qu’on veuille protéger les personnes, c’est un grand enseignement que le peuple et surtout vous les médias auraient pu tirer de ce procès. »

L’avocat de la partie civile, Me Idrisse Mze, tout en regrettant le huis-clos, il a dit respecter la décision de la justice « Nous on respecte la décision de la justice, c’est une décision administrative. » Et de continuer sur le climat à l’intérieur du tribunal : « Tout le monde a été entendu, actuellement c’est ma cliente qui est en train de s’exprimer, mais compte tenu de la fatigue, une suspension d’audience a été accordée par le tribunal. » Et d’ajouter « Oui, j’ai insulté Nadjda mais on me payait pour le faire » a-t-il résumé en substance, en citant les propos de Bachar que ce dernier aurait tenu devant le tribunal.

A l’issue de l’audience, le parquet aurait requis six ans de prison ferme, un an pour diffamation et cinq ans pour cyber-harcèlement, contre du principal accusé. L’ancien ministre de l’énergie, Ali Ibouroi écope quant à lui de deux ans de prison dont six mois avec sursis. Les trois accusés présents, Abdoulfatah Saïd, Aboubacar Saïd Mdahoma et Sara Saïd Mdahoma, le tribunal dit laissé leur sort à l’appréciation des juges dans la mesure, ou aucun lien n’a pu être établi entre eux et Bachar à en croire les propos de leur avocat, Me Abdallah. « Depuis le matin, ceux qui ont cité mes clients à une comparution directe n’ont pu apporter aucun élément, ni preuve impliquant mes clients avec Bachar ». Quant à l’avocat de Bachar, Me Djamaldine, il persiste et signe que tout ce que son client a dit dans cette affaire, c’est des personnes qui lui ont sifflées les informations. « Il faut savoir que, Bachar n’était pas aux Comores, et donc tous les secrets qu’il a divulgués c’est des gens qui lui ont donné ces informations », dit-il.

Maitre Idriss, l’avocat de Najda a tenu de son coté à préciser certaines règles de Droit. Selon lui « Il y’a des infractions qui n’ont pas besoin de beaucoup de preuve pour été établies, comme les infractions commises par les journalistes (diffamations, injures). » Et de rappeler que dans ce cas d’espèce, la citation directe est la règle dans mesure où « la diffamation dans cette affaire est la vidéo de Bachar » qui tenait des propos insultants à l’endroit de la Commissaire au plan.

Imtiyaz

 


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