La Gazette

des Comores

Programme ECOFISH dans l'océan indien : Réflexion sur l’amélioration de la pêche artisanale

Programme ECOFISH dans l'océan indien : Réflexion sur l’amélioration de la pêche artisanale © : HZK-LGDC

La Commission de l’océan Indien a réuni les acteurs clés du secteur halieutique à Moroni dans un atelier pour valider une étude sur l’impact économique des chaînes de valeur de la petite pêche et de la pêche artisanale. Les conclusions de cette analyse, menée dans le cadre du programme ECOFISH, financé par l’Union européenne, visent à soutenir une pêche durable aux Comores et dans la région. L'événement a mis en évidence l'importance de la gestion responsable des ressources marines pour l'économie nationale et souligne les efforts régionaux en faveur d'une exploitation durable et d'un développement équilibré du secteur halieutique.


Un atelier de deux jours sur la pêche artisanale aux Comores a été ouvert hier à Moroni. Organisé par le ministère de l’agriculture, de la Pêche et de l’environnement en collaboration avec des partenaires internationaux, notamment la COI, cet événement vise à évaluer les chaînes de valeur du secteur halieutique et à identifier des solutions pour maximiser son potentiel. « Cet atelier arrive à un moment opportun où la pêche artisanale doit être repensée pour mieux répondre aux besoins économiques et alimentaires de notre population », déclare la représentante du ministre de la Pêche Abbadalh Abdoulkader Saandia. Elle a rappelé que « la production annuelle de 20 000 tonnes, dont 68% proviennent d’Anjouan, reste en deçà du potentiel estimé à 33 000 tonnes ». 

Une occasion pour le représentant de la COI M. Sreenivasan Soondron de préciser que « cet événement est une étape importante dans nos efforts collectifs pour renforcer le secteur halieutique comorien et promouvoir un développement durable au service des communautés côtières ». Selon lui, « la pêche artisanale contribue à 6,6% du PIB et emploie directement plus de 5 200 personnes. Pourtant, les défis restent nombreux, comme le manque d’infrastructures adaptées et les difficultés d’accès au financement ».  Les participants ont discuté des problèmes structurels du secteur, notamment la vétusté des équipements et les pertes post-capture. « Nos pêcheurs ne disposent pas de moyens modernes pour améliorer leurs rendements, et les pertes après la capture sont énormes à cause de l’absence de structures de stockage », a expliqué Ali Mohamed, président d’une association de pêcheurs qui salue les explications de Dr Sunil Sweenarain, économiste et coordonnateur technique de l'océan Indien.

De ce fait, une étude a été présentée lors de l’atelier mettant en avant les inégalités dans la répartition des revenus au sein des chaînes de valeur. « Les pêcheurs gagnent très peu par rapport aux commerçants ou exportateurs, ce qui limite leur capacité à réinvestir dans leurs activités », a affirmé un expert sur place. Et de poursuivre : « des investissements dans les infrastructures et la formation des acteurs pourraient améliorer la rentabilité du secteur ». Par ailleurs, la gestion durable des ressources marines a été un autre point central des débats. « La pression sur les ressources augmente chaque année. Il est urgent de mettre en place une réglementation efficace pour éviter la surexploitation », a averti un représentant de l’Union des pêcheurs. 

Plusieurs recommandations ont été formulées. Parmi elles, « la création de fonds de soutien aux pêcheurs, la modernisation des équipements, la mise en place de centres de transformation et de conservation, ainsi qu’une meilleure organisation des circuits de distribution ». « Cet atelier n’est pas une fin en soi, mais le début d’une réflexion profonde pour faire de la pêche artisanale un moteur de développement durable », a conclu la représentante du ministre en appelant à une collaboration renforcée entre tous les acteurs. 

Ibnou M. Abdou

 


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