Ce lundi 21 septembre s’est ouvert un atelier sur cette thématique par le secrétaire général du ministère de l’environnent, chargé du tourisme, Abdourahman Ali Mroivili. Il faut rappeler que la sauvegarde de la biodiversité et le développement économique ne pourront se concrétiser sans l'implication pleine et équitable des femmes.
Lancé sous l'égide du ministère de l'environnement, le projet BGI (Conservation de la biodiversité grâce aux Solutions fondées sur la Nature) remet au premier plan la dimension sociale et inclusive de la gestion environnementale. À travers des ateliers nationaux de sensibilisation et de concertation, les acteurs institutionnels et communautaires rappellent un principe fondamental : l'intégration transversale du genre constitue le pilier indispensable d'une économie bleue et verte résiliente. Chez nous, les femmes jouent un rôle de premier plan dans l'économie rurale et la gestion quotidienne des ressources naturelles. Elles représentent la majorité de la main-d'œuvre dans l'agriculture vivrière, gèrent activement les pépinières d'arbres et assurent le maillon clé de la transformation et de la commercialisation des produits halieutiques, notamment lors de la pêche au poulpe.
Pourtant, cette contribution essentielle se heurte à de profondes disparités. Le crédit bancaire formel leur est difficilement accessible, et le poids des normes coutumières limite leur participation effective aux instances décisionnelles villageoises. De plus, le déficit de données désagrégées par sexe invisibilise la valeur réelle du travail féminin au sein des chaînes de valeur de la biodiversité. Pour répondre aux défis climatiques majeurs de l'archipel que sont l’érosion côtière, la dégradation des sols, la fragilisation des ressources hydriques, le projet BGI promeut des Solutions fondées sur la Nature (SfN) adaptées au milieu insulaire comme la restauration des mangroves, la protection des récifs coralliens, le reboisement des bassins versants et développement de l'agroforesterie associant vanille, ylang-ylang et girofle.
Cependant, la réussite durable de ces actions exige de dépasser la simple présence passive. La mise en œuvre des SfN doit systématiquement questionner l'accès, le contrôle des ressources, la répartition des bénéfices et le pouvoir de décision. L'objectif est de faire évoluer la consultation vers une véritable co-gouvernance inclusive. Des avancées concrètes sont déjà observées sur le terrain comme la structuration de coopératives féminines de transformation halieutique, la gestion communautaire de pépinières d'espèces locales et l’intégration de quotas de femmes dans les comités de gestion des aires protégées, notamment au sein des parcs nationaux de Mohéli et du Karthala. Ces initiatives s'inscrivent en cohérence avec la Constitution comorienne de 2018, la Politique Nationale d'Équité et d'Égalité de Genre (PNEEG II) ainsi que les cibles 22 et 23 du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.
Pour pérenniser ces acquis, la mise en œuvre d'une budgétisation sensible au genre, la collecte régulière de données sexospécifiques et le renforcement des compétences institutionnelles demeurent des étapes prioritaires. Placer l'équité de genre au cœur des Solutions fondées sur la Nature aux Comores dépasse le seul impératif de justice sociale. C'est la condition essentielle pour garantir la résilience des communautés et la préservation à long terme de la biodiversité insulaire.
Mmagaza
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