Une nouvelle filière agricole voit le jour aux Comores avec le lancement du projet Prop’OMiel, qui ambitionne de développer l’apiculture dans les mangroves de Ngazidja. Financé par la région Réunion et porté par le programme régional INTERREG, ce projet associe également l’île Maurice et les Seychelles. Aux Comores, il vise à former de jeunes apiculteurs, installer des ruches, préserver les mangroves et valoriser le miel ainsi que la propolis rouge, avec l’objectif à terme d’obtenir une appellation d’Origine Protégée (AOP) pour un miel authentiquement comorien.
« Ce projet est un début, pas une fin », souligne Abalhassane Charif, apiculteur formateur envoyé par Prop’OMiel. La première session, ouverte mardi à l’école de santé de Moroni, a réuni 25 jeunes issus des sites retenus. Deux jours de formation théorique ont été dispensés, suivis d’une séance pratique sur le terrain dès mercredi matin. « L’objectif est de créer des emplois dans l’avenir », insiste Abalhassane, qui rappelle que le projet s’étale sur trois ans et repose sur l’installation de vingt ruches réparties sur dix sites pilotes, sélectionnés dans six zones de mangroves de Ngazidja. « Il s’agit d’introduire une véritable filière apicole aux Comores », affirme-t-il encore, insistant sur le fait que les bénéficiaires ne seront pas de simples “piqueurs d’abeilles”, mais de jeunes formés et équipés pour produire un miel de qualité et exploiter la propolis rouge, réputée pour ses vertus thérapeutiques.
À ses côtés, lors de la conférence de presse tenue à Moroni, le Dr Soidrou Saïd Hassane, enseignant-chercheur à l’Université des Comores et membre du laboratoire LAR2SN, a mis en avant l’importance scientifique du projet. « Le miel et la propolis sont des produits très valorisés dans de nombreux pays, alors que chez nous, ils restent encore peu exploités », explique-t-il. Selon le chercheur, la propolis rouge issue des mangroves bénéficie déjà d’une reconnaissance internationale. « Le Brésil en produit environ 800 tonnes par an, dont 500 sont achetées par l’Institut d’Oncologie du Japon », rappelle-t-il, soulignant le potentiel économique et médical de ce produit.
Au-delà de la production, la dimension scientifique occupe une place centrale. La Faculté des sciences et techniques de l’Université des Comores analysera la qualité du miel et de la propolis afin de viser une reconnaissance internationale et l’obtention d’une AOP spécifique au miel comorien. Le projet Prop’OMiel s’inscrit dans une dynamique régionale coordonnée par le GIP SIR OI basé à La Réunion. Pour cette première phase, Ngazidja a été retenue comme zone pilote. « Les résultats détermineront les perspectives d’extension aux autres îles », indiquent les responsables. Avec ce projet, l’apiculture apparaît désormais comme une filière émergente aux Comores, offrant de nouvelles opportunités à la jeunesse et ouvrant la voie à une meilleure valorisation des ressources naturelles du pays.
Ibnou M. Abdou
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC