Une femme enceinte et deux autres ont fait un malaise en tentant d’acheter du riz à Mutsamudu. Annoncé pour samedi dernier, le bateau censé transporter les 5000 tonnes de riz n’est toujours pas arrivé au port de Mutsamudu. Une partie de l’opinion appelle déjà à la libéralisation de l’importation du riz ordinaire, une activité commerciale dont l’Etat a accordé le monopole à l’ONICOR depuis 30 ans.
Des centaines des citoyens comme des « affamés » se bousculent devant un magasin indien à Chitsangani pour espérer acheter du riz de luxe, faute de riz ordinaire. Cette scène a débuté depuis mercredi dernier, et semble s’amplifier. 1150 FC serait le prix du kilogramme. Sur place, on pourrait acheter 23 000 FC le sac de 20 kg au lieu de 20 000 FC au paravent. Quelques cartons ont été vendus et après le magasin a du fermer. « Ils ont fermé le magasin, en nous donnant une raison farfelue, soit disant quoi le président Azali va passer dans cette rue dans quelques heures et il ne doit pas voir cette scène surréaliste », avance un habitant de Mutsamudu que La Gazette a croisé. Sur place, la gendarmerie nationale essaie de réguler la situation, mais incapable de faire face à une foule qui veut à tout prix acheter du riz. « Les propriétaires du magasin sont partis, en disant qu'ils vont retourner demain, si la situation n'est pas comme celle d'aujourd'hui », poursuit-il.
Aucun grain du riz n'est visible dans l'île, que ce soit du riz ordinaire ou de luxe. Selon plusieurs sources, l’Onicor a épuisé tout son stock, ce qui fait dire à l’homme de la rue que l’Etat doit libéraliser le marché en accordant au secteur privé le droit d’importer du riz ordinaire, estimant que l’ère des monopoles publics est terminée. « On a honte d'être un citoyen de ce pays et de vivre de telles situations », s’emporte un taximan derrière la file indienne formée devant le magasin. Plusieurs personnes insistent sur la libéralisation du riz ordinaire.
« C'est une gifle qu'a reçu le gouvernement. Il doit donner une dérogation aux opérateurs privés pour l'importation du riz ordinaire, c'est faisable », soutient un grand soutien du régime. Pour rappel, dans une conférence de presse tenue mercredi dernier à Anjouan, le directeur général de l’ONICOR a annoncé l’arrivée de 5000 tonnes de riz pour samedi 20 août. Un bateau qui n’a toujours donné aucun signe à l’heure où nous mettions sous presse. Le consommateur doit encore prendre son mal en patience jusqu’au début de la semaine prochaine, probablement, pour pouvoir acheter du riz sans se faire bousculer.
Nabil Jaffar
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