Après trois mois de fermeture destinée à la régénération des ressources marines, la pêche au poulpe a été officiellement rouverte à l’échelle nationale du mercredi 4 au jeudi 5 février. Les premiers résultats sont jugés très encourageants, tant pour les pêcheurs que pour la préservation de la biodiversité marine, notamment à Mohéli où les captures ont été particulièrement abondantes.
La réouverture de la pêche au poulpe intervient à l’issue d’une période de repos biologique de trois mois. Il s’agit des mesures de cogestion qui s’inscrit dans le cadre du Projet FSRP, mis en œuvre par le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Artisanat, avec le soutien financier du fonds PROBLUE de la Banque mondiale (Région Afrique), de l’Agence Française de Développement (AFD), de l’Union européenne, de l’Ambassade de France aux Comores et de l’AFG. L’opération est supervisée par le Parc National de Mohéli, en partenariat avec les communautés locales, les associations de pêcheurs, les ONG partenaires et les instituts de recherche maritime. Selon les données communiquées par Nashim Mohamed, responsable pêche du projet FSRP, la production nationale a atteint 7,5683 tonnes de poulpes en seulement deux jours, sur huit sites ouverts, dont six à Mohéli et deux à Anjouan.
À Mohéli, les chiffres sont encore plus révélateurs : 5,3993 tonnes ont été pêchées en l’espace de deux jours sur les sites autorisés, confirmant l’efficacité de la fermeture temporaire. « Cette saison, nous avons constaté une nette augmentation de la production. Les autres sites, répartis sur l’ensemble des trois îles, seront ouverts progressivement dans les jours à venir. Et c’est parmi les priorités du ministère de l’Agriculture et de la Pêche que figurent la gestion durable des ressources côtières et l’augmentation de la production dans le but de soutenir la population », précise Nashim Mohamed. Il ajoute que sur les 14 sites suivis par le projet FSRP au niveau national, 5 à Anjouan n’ont pas pu procéder à leur ouverture en raison des mauvaises conditions météorologiques.
Cette reprise de l’activité est accueillie comme un véritable soulagement par les pêcheurs, tout en étant saluée par les acteurs de la conservation marine. Les biologistes ont en effet observé une augmentation significative des populations de poulpes dans plusieurs zones récifales, notamment à Nioumachoi, Sambia, Ouallah et Miremani. Pour Mme Rainati Ahamada, chargée de mission au Parc national de Mohéli, « cette fermeture a permis de restaurer un équilibre écologique fragile, indispensable à la survie des écosystèmes marins ». Sur le terrain, la satisfaction est palpable. « Tous ceux qui vont en mer reviennent avec le sourire. Les résultats parlent d’eux-mêmes », témoigne Mohamed Salim, pêcheur. Même constat du côté de Miremani, où Toildine Issoufi Abdou confirme une amélioration notable : « Aujourd’hui, en une seule sortie, nous attrapons plus de poulpes qu’avant, et de meilleure taille. Cela nous redonne espoir. »
Si l’enthousiasme est au rendez-vous, les autorités et les gestionnaires du parc appellent au strict respect des règles établies : quotas, zones protégées et périodes de repos continueront d’encadrer l’activité. Pour les acteurs locaux et environnementaux, cette réouverture réussie illustre qu’une gestion durable des ressources marines peut concilier développement économique et préservation du patrimoine naturel des Comores.
Riwad
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