C'est une évidence qui ne peut être contestée. L’évolution du monde y va aussi de l’évolution des mentalités culinaires des pays. La Bouillie de farine de riz, un menu autrefois prisé surtout durant le mois sacré de ramadan disparaît peu à peu des plats préférés du comorien au moment de la rupture du jeûne. Avec elle, plusieurs autres spécialités culinaires comoriennes disparaissent.
C'est devenu très rare que d’entendre le bruit du frottement des deux blocs de pierres qui servaient autrefois et dans un passé pas si lointain, à piler le riz pour en faire de la farine de la bouillie de riz. Naguère prisée par les foyers comoriens, comme un élément essentiel au moment de la rupture du jeûne wo wubu wa ntsohole n’a plus voix au chapitre, sauf dans les familles traditionnelles qui gardent encore lebwe lautahania.
Avant même la disparition de la bouillie des menus, cet objet qui sert à broyer le riz en farine avait déjà disparu, remplacé par des machines qui avaient une capacité de travail plus productif et moins pénible pour les mamans au foyer. C'est cette facilité qui a précipité la disparition de ce plat à en croire Maman Achata, une vendeuse au grand marché de Moroni. « L’arrivée de ces machines ont eu comme conséquence directe l’inutilisation de nos pierres traditionnelles et au fil des ans, elles ont complètement disparu. Et de rajouter : « Ces nouvelles machines dépendant de l’électricité n’ont pas elles aussi duré longtemps, eu égard de la crise énergétique qui frappe le pays depuis plus de vingt ans. »
Conséquence, la perte de l’habitude a poussé la population à trouver autre chose pour substituer la bouillie de farine de riz, comme les nouvelles semoules venues de l’Afrique de l’Est. Si la farine de sagou (Ntsambu) reste la farine majoritairement utilisée par le comorien dans la préparation de la bouillie, elle tende aussi à disparaître à cause de la concurrence des autres farines venues d’ailleurs, mais elle subit une sorte de transformation moderne. Autrefois vendue dans les tablettes des mamans dans les différents marchés, elle est désormais obligée de s’adapter à l’économie moderne. C'est dans les supermarchés emballées dans des petits sacs que la plupart des comoriens s’approvisionnent et cela avec des conséquences sur le prix.
Imtiyaz
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