Le mois sacré de Ramadan, traditionnellement marqué par la spiritualité, la solidarité et les repas familiaux, s’annonce particulièrement difficile cette année pour les Comoriens. Entre les coupures d’électricité récurrentes, la pénurie d’eau et la flambée des prix des produits alimentaires, ce début de Ramadan est loin d’être idéal pour les habitants de Moroni et des zones périphériques.
À Moroni, la capitale des Comores, les coupures d’électricité sont devenues monnaie courante. Les habitants doivent composer avec des heures sans électricité. Ces interruptions affectent non seulement le quotidien des familles, mais aussi les préparatifs pour les repas de l’iftar (rupture du jeûne) et du suhoor (repas avant l’aube). Les réfrigérateurs ne fonctionnent plus, les aliments périssables se gâtent, et les bougies deviennent une denrée précieuse pour éclairer les foyers. Dans une récente sortie médiatique, le directeur général de la Société Nationale d’Électricité des Comores a affirmé qu’ils ne seraient pas en mesure de couvrir l’intégralité du pays.
Si Moroni est touchée par ces coupures, les zones périphériques sont encore plus affectées. Dans ces régions, l’accès à l’électricité est déjà limité en temps normal, mais pendant ce Ramadan, les délestages sont plus fréquents et plus longs. Ce mardi, dans un communiqué, la direction technique de la société a annoncé l’arrêt d’un des groupes pour des raisons de « sécurité et de stabilisation ». En conséquence, l’alimentation électrique sera interrompue dans plusieurs régions de Ngazidja. Les habitants de ces localités se retrouvent plongés dans le noir, sans aucune perspective d’amélioration à court terme. « On a commencé le Ramadan dimanche, et la rupture, je la fais dans le noir », témoigne Assia Mohamed, une habitante de la région du Mboude. Même dans la capitale, où il y a quelques améliorations, certaines personnes rompent le jeûne dans l’obscurité.
En plus des coupures d’électricité, les Comoriens doivent faire face à une pénurie d’eau qui rend le quotidien encore plus difficile. L’accès à l’eau potable est un défi majeur, surtout pendant le Ramadan, où les besoins en eau augmentent pour la préparation des repas et les ablutions avant les prières. Les familles sont contraintes de parcourir de longues distances pour trouver de l’eau aux rares bornes-fontaines de la capitale. « L’espoir de revoir l’eau en ce mois sacré de Ramadan s’amenuise. Chaque jour, la SONEDE ne fait que donner de mauvaises nouvelles », avance une habitante du quartier Asgaraly. Et d’ajouter : « Ça va être intenable à ce rythme ».
Le Ramadan est traditionnellement une période où les familles se réunissent autour de repas copieux. Cependant, cette année, la hausse des prix des produits alimentaires rend cette tradition difficile à respecter. Les denrées de base telles que le riz, l’huile, la farine et les légumes ont vu leurs prix augmenter de manière significative. Sans parler des produits locaux. « Lundi dernier, je suis allée au marché avec 100 000 francs comoriens pour faire un stock pour le Ramadan, et je vous assure que ce que j’ai ramené à la maison ne tiendra pas une semaine », se désole Maman Iman, une quinquagénaire. En attendant, les Comoriens continuent de faire preuve de résilience et de détermination, malgré les défis auxquels ils sont confrontés. Ce Ramadan, plus que jamais, est un rappel de la nécessité de soutenir les plus vulnérables et de travailler ensemble pour surmonter les épreuves.
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