La Gazette

des Comores

Reportage /Aires protégées: une richesse pour le pays

Reportage /Aires protégées: une richesse pour le pays © : HZK-LGDC

Du parc national Karthala au parc national Cœlacanthe, en passant par le parc national de Mitsamiouli-Ndroude, autant de sites qui offrent la possibilité de découvrir la richesse des ressources naturelles faunistiques, floristiques et géologiques de Ngazidja. Des lieux à fort potentiel écologique et naturel. Reportage.


Nyumbadjou, un des nombreux sites du parc national du Karthala. Un chef d’œuvre de la nature. Le coin est situé à environ 2 Km de Djoumoichongo dans la région de Hambou. La forêt culmine à 1000 m d’altitude. Un paradis de la faune et de la flore. Avec ses sentiers étroits, et escarpés, et le paysage sauvage et préservé, Nyumbadjou reste aujourd’hui un lieu unique et hors du temps. Outre son aspect historique qui présente beaucoup d’avantages, la scierie, la prison, la maison de Nyumbadjou et les cimetières, le site de Nyumabdjou présente aussi plusieurs intérêts. D'abord scientifique, par la présence du jardin botanique mais aussi touristique avec l’arrivée de plusieurs personnes venues admirer le paysage.

 

« A Nyumbadjou, on a presque tout. En plus de la beauté des lieux et le paysage exceptionnel, le site possède presque toutes les plantations même les plus sacrées », explique Azhar Mohamed, le guide local du site. La prison vaut le détour. A l’intérieur, les murs sont intacts. Le cimetière où repose Léon Humblot, ce botaniste français qui a longtemps résidé sur l'île et surnommé le "sultan blanc", mais aussi la place des rassemblements où se réunissaient les ouvriers chaque matin avant le début du travail, témoignent du caractère historique des lieux.

 

« Nous avons mis en place des actions en faveur des communautés locales mais nous encourageons également les initiatives qui présentent des opportunités de développement pour ces communautés », explique Hassan Malik, expert en communication des parcs nationaux des Comores.

 

A quelques kilomètres se situe le village de Mdjoiezi dans la région de Hambou, où le Réseau National des Aires Protégées des Comores (RNAP) appuie un jeune sur des Activités Génératrices de Revenus (AGR).

 

Mohamed Bacar a bénéficié d’un projet de valorisation des plantes médicinales. Dans une pépinière, il a implanté différentes plantes médicinales allant du Piper Nigrum (pvili pvili), Tamarinier (Mhadjou), Moringa (Mwondjé) et autres. Les plants ont déjà commencé à germer. Son principal objectif est de protéger l’environnement; un projet qui s'est avéré nécessaire dès lors qu'il a constaté que beaucoup de gens coupaient le bois, détruisant peu à peu les forêts. « Je suis très chanceux d’avoir ce projet car ça va me permettre de montrer aux gens qu’on peut générer des activités économiques avec notre paysage », dira-t-il.

 

Avec un budget de plus de 2 millions de nos francs alloués à ces projets, ce jeune de Mdjoiezi reste convaincu qu'e cela constitue une force pour lutter contre la pauvreté. « J’ai déjà fait le gros du travail. Maintenant, il reste la commercialisation et je garde espoir », dit-il. En tout, le RENAP finance 6 projets dans les 6 Aires Protégées des Comores.

 

A Mbadjini, c’est le parc national Cœlacanthes qui fait le bonheur des amoureux de la nature. Depuis Salimani Hambou à Male, le parc couvre en tout 15 villages. Tous ont la lourde tâche d’assurer la protection de la biodiversité et les écosystèmes associés.

 

Itsoundzou Mbadjini, premier village de la région situé à environ 23 Km de la capitale, abrite le centre principal du parc. Il est situé au bord de la mer au rocher volcanique.
Ahmed Youssouf, spécialiste en mobilisation communautaire, fait un topo du parc Coelacanthe. « L’année 2018 est l’année du suivi scientifique. On va faire le recomptage de différents espèces qui se trouvent dans la zone, identifier le nombre de mangroves, identifier le nombre de plages et puis les différentes pressions et menaces afin de proposer une solution pérenne pour appuyer la conservation de la gestion de la biodiversité », dit-il.

 

Au nord de Ngazidja, c’est le parc national Mitsamiouli-Ndroude, un parc marin et terrestre, qui se fait la gardienne de l'écosystème. D'emblée, on atterrit sur l’emblématique plage de Ndroude connue pour abriter des tortues marines. Un véritable paradis touristique. Les bungalows réhabilités, le sable différent des autres plages et l’îlot finissent de convaincre les visiteurs de l'authenticité du site.

 

Les équipes du parc travaillent essentiellement sur la protection des tortues avec les comités villageois, mais aussi sur l’environnement et l’éducation environnementale. « Nous assurons la surveillance des sites Ndroude jusqu’à Galawa. Cette année, nous avons eu 4 montées et décentes des tortues. Un signe fort que le travail se fait comme il faut », lance Amirdine Soule, spécialiste en mobilisation communautaire du parc Mitsamiouli-Ndroude.

 

Oussama Daroueche, un jeune homme du coin, a lui aussi bénéficié d’un projet de valorisation, en l'occurrence celui du site Trou du prophète, à travers le développement de l’écotourisme. « Mon travail consiste à faire des visites en mer. J’ai déjà un bateau, une pirogue et j’ai prévu aussi des gilets et un magasin de souvenir pour renforcer mon activité », dit-il. Son projet devrait voir le jour après le ramadan, qui coïncide avec l’arrivée des touristes, locaux ou étrangers.

 

La gestion des aires protégées est confiée à l’Agence des parcs nationaux des Comores en cogestion avec les comités villageois. Il a comme objectif de motiver la population afin qu’elle comprenne l’importance des aires protégées des Comores et les multiples bénéfices qu’elle peut en tirer, inciter les Comoriens, surtout les communautés villageoises, à prendre leurs responsabilités et à poser des gestes en faveur des aires protégées et promouvoir le changement de comportement en faveur de la gestion rationnelle des ressources.

 

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.