Avec la reprise des vols internationaux favorisée par l’ouverture des frontières aériennes françaises, les demandes en tests PCR, obligatoires pour pouvoir voyager, vont inexorablement exploser. Comment compte s’y prendre l’unique laboratoire du pays, doté d’une capacité de 200 tests par jour ?
C’est une question qui mérite d’être posée : comment l’unique laboratoire habilité à effectuer les tests PCR, va pouvoir s’en sortir face à la demande élevée, alors qu’il n’est doté que d’une capacité de 200 tests par jour ? La France a annoncé l’ouverture des ses frontières aériennes à partir du 9 juin dernier, après près d’un an de restrictions pour cause de coronavirus. Les compagnies aériennes se préparent à l’assaut de Paris et Marseille, principales destinations des passagers comoriens. Rien qu’avec Ethiopien Airlines, le leader du marché local, il y aura cinq vols par semaine contre deux actuellement.
Pour avoir des réponses à notre questionnement, nous avons effectué un petit crochet au centre réservé aux prélèvements pour le test PCR, situé au PNLP (projet national de lutte contre le paludisme) de Moroni. Aux alentours de 9h ce samedi 12 juin, régnait un calme plat qu’on entendrait voler une mouche. Seules quelques personnes étaient éparpillées ici et là, dans l’attente de leur tour. Situation inhabituelle dans un lieu généralement noir de monde… « C’est selon les périodes », nous lance un agent sur place, sans plus de commentaires.
Rencontré dans son bureau, le docteur Kamal Said Abdallah explique qu’en une journée, ses hommes prélèvent en moyenne 200 personnes. Lui aussi, il affirme que cela dépend de la période. « Nous avons un protocole de travail, c’est de faire le test 72 heures avant le voyage. Des fois il peut nous arriver d’être confrontés à des situations d’urgence qui peuvent déboussoler le calendrier de travail, surtout les gens qui sont dans les autres îles, qui ignorent leur date de départ ou qui sont malades. Ces gens-là, nous ne pouvons pas ne pas nous occuper d’eux », avance ce médecin.
Avec 7 à 8 préleveurs, ces bonhommes travaillent d’arrache-pied parfois jusqu’à 18 heures dans le but de fournir des résultats juste dans les meilleurs délais. Le temps requis pour les obtenir est de 72 heures (par voie électronique, Ndlr). Un délai certes un peu long mais qui s’explique par le souci d’« éviter les risques » de rupture de stock ou d’une panne de la machine, à force d’être sollicitée. « Nous terminons les prélèvements à 18 heures. Le lendemain, on les extrait au laboratoire de l’Inrap pour faire le test. Comme ce samedi, nous prélevons les passagers du mardi, vu que dimanche est un jour de repos », poursuit notre interlocuteur.
En ce qui concerne notre question sur la capacité du labo de faire face à la demande, les concernés avouent qu’ils auront du pain sur la planche mais se veulent rassurants. Au niveau de l’Inrap, il n’y manquerait rien. Le pays disposerait autant de consommables que des réactifs. « Nous avons entendu que les compagnies vont reprendre leurs activités habituelles et nous nous préparons en conséquence. Une chose que vous devez savoir, les gens qui sont prélevés ne partent pas tous le même jour », insiste-t-il comme pour dire que la situation ne sera pas aussi terrible qu’on le craint. Mais quand on sait que le RT-PCR est capable de fournir 96 tests par tour et donc 200 tests en une journée, avec la reprise des vols internationaux les passagers pourraient se voir pénalisés davantage si cette capacité n’est pas revue à la hausse. En période de haute saison le nombre d’arrivées et de départ peut atteindre largement les 500 à 600 passagers par jour, pour les quatre compagnies qui desservent les Comores (Ethiopian Airlines, Air Madagascar, Kenya Aiw ays, Air Austral)
Andjouza Abouheir
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