Le conflit armé qui oppose l’Éthiopie et la province dissidente de Tigré risque d’impacter les vols au départ et à destination d’Addis Abeba. Moroni qui dépend fortement de cette compagnie a bel et bien pris des mesures anticipatives selon le ministère des transports aériens.
La vigilance est de mise. Le conflit armé opposant l’armée régulière de l’Éthiopie et les rebelles de la province de Tigré inquiète le monde entier. L’Éthiopie qui abrite le siège de l’Union africaine a su, au fil des ans, avec son fleuron Ethiopian Airlines, consolider son statut de plaque tournante du transport aérien aussi bien régional qu’international. Mais le conflit armé qui menace très sérieusement la paix et la stabilité du pays risque de mettre un coup de frein à cette image qui est aussi celle de l’Afrique.
Si pour l’instant aucune note préventive n’est émise par Addis Abeba à l’endroit des destinations d’Ethiopian Airlines, il n’en demeure pas moins que le trafic aérien est perturbé quoique à un degré moindre, pour l’instant. Une perturbation que le pays d’Abiy Ahmed remue ciel et terre pour dissimuler. Dans un vol Paris-Addis dans la nuit du mercredi au jeudi 11 novembre dernier, les passagers dont des Comoriens ont remarqué que l’avion avait survolé l’Arabie Saoudite pour rejoindre Addis Abeba. Pour des raisons de sécurité, le vol évitait la zone nord de l’Ethiopie puisque c’est ici que se situe Tigré et ses rebelles armés jusqu’aux dents.
Rappelons que dans la première phase du conflit, l'armée fédérale éthiopienne, appuyée par l'Érythrée, a réussi à maintenir la pression sur les rebelles. Mais, depuis quelques mois, la guerre connaît un spectaculaire revirement. Les rebelles ont pris confiance et se disent être prêts à prendre le contrôle de la capitale Addis Abeba, une menace que le gouvernement éthiopien a pris au sérieux, au point de décréter l’État d’urgence. « Le gouvernement comorien suit de près l'évolution de la situation en Éthiopie. Et nous avons déjà anticipé la situation éventuelle de cessation de la desserte d’Ethiopian Airlines. Des négociations sont en cours avec d'autres partenaires pour assurer la desserte de notre pays », assure le ministre des transports aériens, Ahmed Bazi, contacté par La Gazette des Comores. Si d’aventure cela devait se produire, Kenya Airways ne pourrait que profiter du vide laissé par le leader de la juteuse ligne Paris-Moroni.
Andjouza Abouheir
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