La Gazette

des Comores

Réouverture des marchés de Moroni / Une sortie de crise et des interrogations

Réouverture des marchés de Moroni / Une sortie de crise et des interrogations © : HZK-LGDC

Les deux principaux marchés de la capitale reprennent de l'activité après presque trois jours de fermeture par décision de la mairie, conséquence de la fermeture de la décharge d'Itsoundzou. Une sortie de crise au prix des négociations impossibles entre villages avoisinants du site et les autorités. Obligeant ces dernières à déployer la force pour le convoyage des déchets.


Les habitants des villages avoisinants la décharge d’Itsoundzou se sont réveillés stupéfiais ce samedi. Ils revivent une scène surréaliste, des camions poubelles escortés par des éléments de l'armée, armés jusqu'aux dents. Le gouvernement a décidé d'utiliser la manière forte pour l'accès de la décharge d'Itsoundzou après moult négociations infructueuses avec les riverains du site, pourtant déclaré propriété de l'île de Ngazidja par l’Exécutif de Mouigni Baraka.    

 

« La mairie a été informée qu'elle pouvait à nouveau commencer à collecter les déchets entassés dans les marchés et le gouvernement assure le convoyage des camions poubelles. Et comme il a été dit, les camions poubelles ont été sécurisés par le force de l'ordre jusqu'à la décharge », a indiqué Aboubacar Mohamed. Cet agent de la mairie de Moroni assurant qu'ils ont fait d'ores et déjà six rotations dont chaque convoi est composé de six à sept camions, sans aucun incident.

 

« Les marchés seront ouverts ce samedi. D'ores et déjà, ils ont été nettoyés et le Cosep les a désinfectés. Je suis confiant que les activités vont reprendre demain », a déclaré le ministre de l'intérieur à la sortie d'une énième rencontre sur cette question. Mohamed Daoudou assure que le gouvernement n'allait pas s’arrêter en si bon chemin et que la lutte contre l'insalubrité se poursuit.

 

« Ce n'est pas normal que nos marchés deviennent des décharges à ciel ouvert. Nous étions dans une situation d'urgence à laquelle, il fallait vite trouver une solution (…) Mais que les gens doivent comprendre, qu'il n’y a aucun prétexte qu'un groupe de personnes empêchent les camions poubelles de traverser la route nationale vers la décharge. Ce n'est pas possible », a-t-il mis en garde.

 

A l'annonce de la nouvelle, les deux marchés retrouvent leurs habitudes. Et la question du dépotoir sauvage d’animer les discussions de ce samedi de délivrance. A volo-volo, Maman Lebosse est remontée contre l'incivisme sur la question de la propreté de ce marché. Cette vendeuse de fruits et légumes assure que des mesures seront prises contre les dépotoirs sauvages car les vendeurs sont les premières victimes de l’insalubrité du marché.

 

« Nous allons prendre nos décisions pour empêcher ceux qui tenteront de venir déposer ici au marché leurs déchets ménagers. C'est du jamais vu ailleurs, un marché n'est pas un dépotoir. Il faut bannir cette pratique devenant une norme pour certains comoriens. Nous pouvons aller jusqu'à déposer une plainte contre eux », s'est-elle offusquée.

 

Même son de cloche pour  Dhoihir Ahmada vendeur d'articles au petit marché de Moroni pour qui la moindre des choses à faire pour ceux qui prennent les marchés comme des dépotoirs, « c'est d'attendre le passage des camions poubelles pour qu'ils déposent les ordures directement dans ces camions. Mais pas les jeter n’importe où ».

 

Pour Maman Housnati autre vendeuse de poisson au petit marché, les citoyens sont eux aussi responsables de cette question. « L'État ne peut pas à lui seul lutter contre l'insalubrité. Il nous faut une prise de conscience et lutter contre l'incivisme sur cette question. Car la capitale est pour tous les comoriens », dira-t-elle. Jusqu’à hier dimanche l'opération de nettoyage continuait aux quatre coins de Moroni.

 

 

   

 

 

 

              

 

   


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