La Gazette

des Comores

Réparation des motos, une activité en plein essor à Mohéli

Réparation des motos, une activité en plein essor à Mohéli © : HZK-LGDC

Les garages de réparation des motos poussent comme des champions à Mohéli. Ce petit métier qui nécessite plus de mécanique que d'électronique, incite les jeunes à s'y investir d'avantage. Tél est le cas de Badhoi Mzé qui a quitté Mayotte après avoir passé plusieurs années de galère pour venir s'installer à Wanani et ouvrir un garage pour réparation des motos.


Pour sortir du chômage qui s’accentue dans le pays, un nombre important de jeunes se tourne vers la mécanique notamment celle des motos. Le marché étant prometteur car la circulation en moto à Mohéli bat des records. Il est rare de passer dans une ruelle de la capitale comme dans les autres localités de l'île, sans trouver un garage de fortune pour réparation des motos. Avec l'inflation galopante et les pénuries incessantes de carburant, les motocyclettes deviennent de plus en plus nombreuses car elles sont économiques en termes de maintenance et surtout de consommation de carburant. Ces deux facteurs poussent beaucoup de mohéliens à s'intéresser aux motocyclettes par rapport à d'autres moyens de locomotion consommant les combustibles fossiles. « Chaque machine a ses spécificités, ses avantages mais aussi ses inconvénients. Aux Comores plus précisément à Mohéli où tout est cher et souvent rare, il n’est pas facile de s'en sortir même si on a l’argent. Je pense que les motos ont leur place pareilles situations. Les voitures restent un choix de luxe » explique un jeune de Djoiezi.

De la mécanique à l'électronique de moto, tout s’apprend sur place. Tél est le cas de Badhoi Mzé, un jeune de Wanani dans la région de Djando. Après avoir passé plusieurs années difficiles à Mayotte, ce père de famille a décidé de rentrer au bled pour tenter une nouvelle chance. Il a choisi d'ouvrir un garage et gagner dignement sa vie. « J'ai abandonné l'école quand j'étais très petit. Et j'ai mené une vie précaire. C'est à partir de la que j'ai quitté l'île vers Mayotte pour tenter une autre vie. Malheureusement là-bas aussi c'était l'enfer. J'ai donc jugé nécessaire de rentrer auprès de ma famille en ouvrant ce garage. Dieu merci au moins j'arrive à faire quelque chose » explique le désormais mécanicien de moto Badhoi Mzé. Selon lui, l'ouverture de ce garage n'est pas un hasard puisqu'il a commencé à exercer ce métier depuis qu'il était adolescent. « En ouvrant ce garage, j'ai recruté plusieurs jeunes pour les initier à ce métier. Actuellement ils ont ouvert leurs propres garages. Même si nous rencontrons des problèmes de vol de nos outils mais chacun se débrouille comme il peut » dit-il.

Malgré leurs diplômes universitaires, certains jeunes de la région de Djando, ont également pris l'initiative de se lancer dans la mécanique de moto afin de pouvoir subvenir à leurs besoins de tous les jours. « Croiser les bras est la pire décision pour un jeune diplômé. Mais que faire alors que l'État a fermé les portes aux jeunes. Pour éviter de faire des actes malsains, je me suis lancé dans la réparation des pneus. Au moins j'arrive à avoir de quoi à manger » s’explique Abdel Halilou un autre jeune de Wanani diplômé de l'université mais qui a rangé son diplôme dans une valise pour entreprendre des activités de réparation des motos.

Riwad

 


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