De passage aux Comores, l’ancien député franco-comorien Said Ahamada lance un appel à la coordination des initiatives locales, dans un entretien accordé à La Gazette, le samedi 5 avril. Face à la multiplication des projets portés par des Comoriens engagés mais souvent isolés, il propose une nouvelle dynamique collective. Son objectif, structurer les efforts, connecter les acteurs et mobiliser les ressources pour plus d’impact.
Lors de cet échange, Said Ahamada a souligné que de nombreuses initiatives portées par des Comoriens engagés voient le jour, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, des infrastructures et de l’agriculture.Malheureusement, ces projets restent souvent isolés, faute de coordination. « Il y a de très belles choses qui se font ici au pays, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, des infrastructures ou de l’agriculture. Mais ces initiatives sont menées individuellement, sans coordination, parfois sans même que les uns sachent ce que font les autres. On multiplie les efforts, parfois sur les mêmes zones, et certaines régions restent totalement oubliées », dixit-il.
Pour lui, le potentiel est là, mais il faut désormais passer à une étape de structuration. « On ne peut pas continuer à avancer en ordre dispersé. Il est temps de se parler, de s’écouter et de créer une dynamique collective, qui respecte les efforts individuels tout en leur donnant plus d’impact. » Il ambitionne également de mener un plaidoyer actif auprès des bailleurs internationaux et de la diaspora pour encourager un appui plus structuré et stratégique.« Je vais discuter avec les bailleurs de fonds et la diaspora. Je suis convaincu que si l’on leur présente des projets bien construits, bien pensés, avec des objectifs clairs, ils répondront présents. Il faut juste leur montrer que leur soutien peut faire la différence, de manière concrète et efficace» ,déclare celui qui croit fermement que ce lien peut devenir un levier pour le développement.
« Mon objectif n’est pas de diriger les projets, mais de soutenir les Comoriens dans leur mise en œuvre. Il faut des personnes-ressources qui mettent les bonnes volontés en lien, évitent les redondances et amplifient l’impact», a-t-il ajouté. Son ambition est de désigner des référents capables de fédérer, d’identifier les projets existants et d’écouter la population pour déterminer ses priorités. « Ce que je propose, ce n’est pas de prendre la main sur les projets. Ce sont les Comoriens eux-mêmes qui porteront ces actions. Mais il faut des personnes capables d’identifier les projets existants, de les valoriser, de mettre les bonnes personnes en relation et d’éviter que chacun refasse la même chose dans son coin. » Il plaide pour une collaboration intelligente entre les deux espaces, sans rapport hiérarchique : « Il faut sortir de cette logique où la diaspora finance et décide. L’enjeu, c’est d’écouter les besoins du terrain, de se mettre au service et d’apporter ce que l’on sait faire, en toute humilité. »
L’un des messages forts de l’ancien député de Marseille concerne la jeunesse comorienne, en détresse. « Il faut que l’on trouve le moyen de redonner confiance à la jeunesse, car c’est elle qui détient les clés de l’avenir. » Cela passe par des projets concrets dans trois domaines à savoir la réhabilitation des infrastructures, l’électricité et la mise en place du haut débit, comme dans les autres îles de l’océan Indien. « Quand on donne les bons outils à un jeune motivé, il est capable de transformer son quartier. Et ces trois domaines peuvent aussi créer une base solide pour l’implantation d’entreprises dans le pays. »
Il a affirmé qu’il comptait s’engager personnellement pour mobiliser des ressources financières et sensibiliser des institutions et fondations internationales. « Je vais chercher des fonds, aller frapper aux portes, identifier les bons interlocuteurs. Mais l’argent ne doit pas tomber dans le vide. Il faut qu’il serve des projets bien pensés, bien construits, alignés avec les besoins réels des populations. »
Il souhaite aussi transmettre aux porteurs de projets des méthodes de travail issues de son expérience dans les sphères institutionnelles et associatives. « Il ne s’agit pas de copier-coller des modèles, mais d’adapter des outils, des grilles de lecture, des façons de faire qui ont fonctionné ailleurs. » Comme il le dit si bien : « Reprenons notre destin en main, ensemble. »
Mohamed Ali Nasra
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