Le procureur général a saisi le bâtonnier de l’ordre des avocats pour examiner le cas de Me Mahamoud qui ne cesse de « proférer des propos diffamatoires discréditant l’institution judiciaire nationale. Interrogé à ce sujet, le bâtonnier, Me Ibrahim Mzimba montre que partout dans le monde, il y a des avocats politiques et qui ne sont pas toujours d’accord avec des décisions de justice qui sont prises mais que ce n’est pas pour autant qu’on insulte la justice.
Le procureur général, Mohamed Soilih Djae a saisi le bâtonnier de l’ordre des avocats pour des propos diffamatoires discréditant l’institution judiciaire. Il demande au conseil de l’ordre des avocats de statuer et infliger par conséquent les peines disciplinaires par l’article 49 portant organisation de la profession d’avocat en Union des Comores et en vertu de l’article 37 de la même loi. Interrogé par La Gazette, le bâtonnier de l’ordre des avocats reconnaît qu’il a été doublement saisi par le ministre de la justice et le parquet général du tribunal de Moroni pour des propos de Me Mahamoud jugés pas corrects à l’endroit de la justice. Des propos qui ont irrité l’ensemble des juridictions et des magistrats du pays.
« Connaissant le climat politique actuel du pays, qui est un climat délétère. Un climat qui est tous sauf un climat sain, c’est une question très difficile qui est posé au barreau de Moroni. Parce que, des cas comme cela, on en a eu. Les injures aux magistrats, les injures à la justice mais pas dans un contexte politique éminemment politique comme le contexte d’aujourd’hui », avance Me Ibrahim Mzimba. Le bâtonnier estime que c’est tout à fait normal de saisir le conseil de l’ordre dans des cas pareils.
Selon lui, l’avocat est tenu à respecter sa parole car avant tout c’est un avocat. L’article 17 relatif au serment stipule « Sur présentation du bâtonnier de l’ordre, les postulants prêtent serment devant la Cour d’Appel en ces termes : « Je jure de remplir dignement et loyalement ma mission en veillant au respect strict des règles de mon ordre et de ne jamais m’écarter du respect dû à la justice et aux institutions ». « Notre confrère est ancien candidat aux présidentielles. Mais avant d’être candidat, il est un avocat. Donc il a double casquette. Et bien entendu, il faut que chaque fois exprimer le statut de l’un ou l’autre par rapport à la réalité de cette profession. Donc il est difficile d’être avocat et de se comporter en simple citoyen en insultant les juridictions et les juges », explique le bâtonnier, avant d’ajouter que « En Europe, il y a des avocats politiques et je peux vous dire que dans l’ensemble, ils ne sont pas toujours d’accord avec des décisions de justice qui sont prises mais ce n’est pas pour autant qu’on insulte la justice parce que nous ne sommes pas des simples citoyens. Que le simple citoyen s’attaque à la justice, on peut comprendre car lui il n’est tenu de rien sauf qu’il commet une infraction. Mais nous, un avocat qui insulte la justice, il ne commet pas une simple infraction, il outrepasse les règles statutaires d’un corps ».
L’avocat montre par la suite que quelles que soient les convictions politiques, l’avocat est tenu de respecter la justice. « Me Mahamoud n’est pas n’importe qui. C’est un éminent avocat. Tous les avocats du monde ont des opinions politiques mais nous ne sommes pas des simples citoyens parce que nous sommes régis par un statut rigoureux qui cadre le comportement de tous les avocats. Peu importe tes opinions, pro-gouvernementale ou opposition, tout le monde est égal quand on porte la toge de l’avocat », indique-t-il. Et d’ajouter que « je ne peux en aucun cas m’avancer sur ce qui va être décidé par le conseil de l’ordre ».
C’est dans cette même situation que Me Mzimba s’en tient à son statut d’avocat pour ne pas mélanger les activités politiques à ses activités d’avocat. « J’entends des gens me dire que je les ai trahis. Je n’ai trahis personne. Je ne voulais pas tous mélanger », dit-il, avant de préciser que « par cette occasion, j’entends des gens dire que je roule avec Azali. Je ne suis pour personne. Je ne suis pas pour Azali, ni pour ce régime politique mais je suis avocat. Je suis en dehors des considérations politiques ».
Après cette saisine du parquet général, le conseil de l’ordre des avocats a un délai de trois mois pour examiner la requête du parquet. Il va se réunir et prendre une décision. « Ce qu’il faut retenir dans ce cas est que le parquet n’est pas tenu par la décision du conseil parce que la loi lui donne aussi le pouvoir de saisir la Cour d’Appel. Et si nous ne nous réunissons pas dans le délai, le parquet a le droit de passer outre et saisir la Cour d’Appel », conclut-il.
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