Placé en résidence surveillé depuis 4 ans dans l’affaire de la citoyenneté économique, l’ancien chef de l’Etat Ahmed Abdallah Mohamed Sambi encourt la perpétuité avec son ancien ministre des finances de l’époque Mohamed Ali Soilih ‘’Mamadou’’.
Le sort de l’ancien président de la République, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et ses co-inculpés sera connu lundi 28 novembre prochain. Un rendez-vous très attendu par les Comoriens, surtout que la légalité de la cour de sureté de l’Etat censée juger cette affaire, a été remise en cause par le principal inculpé dès l’ouverture du procès. Au terme de quatre jours d’audience au pas de charge depuis le lundi 21 novembre dernier, dans l’affaire dite la citoyenneté économique conduisant pour la première fois à la barre un ancien Chef d’Etat devant, le commissaire du gouvernement a d’abord déclaré ce jeudi 24 novembre qu’ils sont « impardonnables et qu’ils ont entaché l’honneur du pays ». Il a donc requis la perpétuité à l’encontre d’Ahmed Abdallah Sambi et de Mohamed Ali Soilih alias Mamadou.
Malgré leur absence, ils sont tous deux jugés et reconnus coupable de « haute trahison, détournement de deniers publics, faux et usage de faux, abus de fonction, forfaiture, corruption, concussion recel et complicité ». Le commissaire du gouvernement Djounaid Mohamed a d’abord demandé la levée des poursuites de « haute trahison » pour trois inculpés présents, Mohamed Bacar Dossar, Nourdine Bourhane et Abdillahi Saïd Soilih et a requis 24 mois de sursis. Quant à Bashar Kiwan, Jaroudi, Kazma, il demande10 ans de prison ferme et une amende de 10 millions ainsi que la confiscation des biens mal acquis. Abdou Satar, Sidi, Zoubert encourent la peine de 9 ans.
À l’issue de ces audiences, conduites par Omar Ben Ali, des chiffres sont cités ici et là, on parle de 70 milliards de nos francs, d’un réseau mafieux, mais malheureusement sans aucune possibilité de confrontation d’éléments de preuves avec les principaux inculpés. Il est donc impossible de connaitre la vérité dans cette affaire surtout qu’on s’interroge encore sur l’absence de certains hauts fonctionnaires et élus, non cités à comparaitre comme Abou Achirafi et l’ancien président Ikililou Dhoinine.
Interrogé par la presse, Me Ali Abdou Elaniou, avocat de Dossar a souligné un acharnement d’une partie civile qui n’était même concevable dans une audience de cour de sureté de l’Etat. « La partie civile a été violente. Quant au réquisitoire, je l’ai trouvé glacé. Les peines ont été très élevées mais au moins il y avait de la modération dans les attributs », dit-il.
De son côté, Me Djamaldine Bacar a brièvement fait une analyse de fond par rapport à ce réquisitoire. Selon lui, la formulation du commissaire du gouvernement laisse des soupçons d'un procès politique, surtout pour la perpétuité. « Pourquoi n'ont-ils pas demandé 15, 20 ou 9 ans comme les autres, se demande-t-il. Je pense que ce sont des figures importantes qui pourront être candidats aux élections présidentielles et pour les exclure, ils proposent la perpétuité pour ne pas avoir une opposition forte ». Pour le cas de Dossar et des autres, « c'était un message fort pour certains comme Sidi pour qui, pour des raisons sanitaires n'a pas pu se présenter. Mais malheureusement, il prend 9 ans prison ferme », déplore-t-il.
Andjouza Abouheir
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