Des images de deux bonhommes qui se font torturer par d’autres jeunes se rependent comme une trainée de poudre sur les différentes plateformes des réseaux sociaux. Dans une des vidéos, un couteau dont le bout est orienté vers le haut est posé entre le sol et une des victimes en position de planche. Le moindre geste dû à l’épuisement aurait suffi pour être fatal à ce jeune dont l’on apprendra un peu plus tard que la gendarmerie a arrêté un des bourreaux.
Des images insupportables de jeunes hommes qui se vont violenter circulent sur les réseaux sociaux ces dernières semaines. L’on y voit un jeune homme se faire trainer par terre une bande de copains qui l’accusent d’avoir volé de l’argent malgré. La scène se déroule dans un endroit qui semble se situer à Mbuzini, derrière le palais de justice. Les agresseurs déchainés sont allés jusqu’à mettre un pneu sur le corps de leur victime. Ce qui laissait penser que le malheureux allait se faire bruler vif par ceux qui ont choisi de se faire justice eux-mêmes. Heureusement, un homme qui se trouvait aux alentours a réussi à faire entendre raison à la bande d’agresseurs.
D’autres images montrent quant à ellesun homme qui a à peu près la trentaine. Il est allongé en position de planche sur du sol carrelé. Un couteau dont le bout est orienté vers le haut est posé entre le sol et son abdomen. Le moindre geste dû à l’épuisement aurait sans doute été fatal à ce bonhomme accusé, lui, d’avoir volé une PlayStation. Ces images ont été transmises à des autorités dont le ministre de la justice et la présidente de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (CNDHL) afin qu’elles aient connaissance des faits et ouvrir ou faire ouvrir une enquête. Lundi en début de soirée, la gendarmerie a annoncé sur Facebook avoir procédé à l’arrestation d’un des bourreaux.
Ces malheureux évènements en rappellent d’autres. Le plus marquant est celui de Brando, du surnom de cet homme lynché mortellement et démembré à Anjouan en 2016. Il était accusé d’avoir violé puis tué une fillette puis une jeune femme. Comme pour montrer leur désapprobation vis-à-vis de ce phénomène devenu monnaie courante chez nos voisins de Madagascar et de Tanzanie, les autorités avaient procédé à une vague d’arrestations aussi bien coté civil, militaires que judiciaire. Rappelons que Brando était entre les mains des autorités en attendant son procès. La foule a réussi à l’en exfiltrer et le tuer.
Dans la foulée de ce lynchage sur la voie publique, le président de la CNDHL de l’époque avait porté une analyse qui mérite peut-être d’attirer l’attention : « La réaction du peuple est la conséquence de ce sentiment de méfiance à l’égard de la justice. Les magistrats doivent prendre conscience et agir à redorer l’image de la justice ». Rappelons que se faire justice soi-même, sans recourir à l’institution judiciaire, est contraire à la Loi.
Andjouza Abouheir
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