Plusieurs personnes ont répondu à l'appel lancé par le collectif des artistes et des associations de la société civile du pays. Ils ont battu le pavé samedi matin pour dénoncer la montée de la xénophobie et les actes de violence dont sont victimes des Comoriens des autres îles, résidant à Mayotte. Les manifestants ont condamné la présence de la France sur cette île, principal sujet d'empoignade entre les Comores et la France.
Ils étaient plusieurs personnes à envahir le parvis du conseil de l'île de Ngazidja, répondant à l'appel du collectif de la société civile et des artistes du pays, samedi. Sur place, ils ont dénoncé le climat de violence et de terreur qui règne dans cette partie de l'archipel des Comores, sous domination française et où les Comoriens des autres îles sont victimes.
L'auteur et compositeur Salim Ali Amir, le premier à prendre le micro, déplore la montée des propos haineux proférés d'un côté et de l'autre. « Cela fait plus de 40 ans que certains jeunes se laissent aller dans le jeu de certains xénophobes. J'appelle ces jeunes à ne pas tomber dans ce jeu dangereux! », rappelant que ce combat est celui de tous les Comoriens et non pas le combat du gouvernement seul. « Si nous sommes là aujourd'hui, c'est pour montrer notre solidarité à nos frères qui sont à Mayotte. Nos frères qui sont aujourd'hui pourchassés, emprisonnés dans leur propre île », a déclaré Ait-Ahmed Djalim. Le président de l'association Ngoshawo qui renvoie toutes responsabilités de ce chaos "planifié" à la France, appelle ses dirigeants à assumer leurs responsabilités.
A l'en croire, les pouvoirs qui se succèdent aux Comores sont également responsables de ce drame à répétition. « Parce que depuis plus de 40 ans, nos autorités manquent d'une vision claire et stable sur cette cause (...). Nos gouvernants agissent selon les directives de la France. Sinon, comment un ministre peut-il se rendre dans un atelier de fabrication de kwassa -kwassa pour les détruire aux yeux des caméras. Si ce n'est pour plaire à la France », a-t-il ajouté. Il ajoute: « Un jour ou l'autre, Mayotte reviendra dans son giron naturel. Nous sommes et nous resterons optimistes sur ce point ».
Même optimisme pour Mohamed Said Abdallah Mchangama pour qui, la relève est assurée quand il voit défiler sur l'estrade, les jeunes présents à la manifestation. « Nous ne baisserons pas les bras. Mais notre combat sera intelligent. Car nous comptons, demain, amener avec nous, nos frères mahorais dans les organisations régionales de l'Afrique; donc je vous conseille de revoir votre anglais », a suggéré ce président de la Fédération des consommateurs comoriens.
« L'île comorienne de Mayotte a été désillusionnée. 43 ans après, la France n'a pas tenu ses promesses vis à vis des mahorais », a lancé Fatuma Ilyasse de la Plateforme Femme en politique. Et de continuer : « Les aspirations sont loin d'être là. Les allocations familiales auxquelles on aspirait ne sont pas là. Le Smig, les chantiers ne sont pas là. Donc on s'en prend à l'autre », regrette-t-elle, détruisant le mythe de « Mayotte l'eldorado ». Une île, dit-elle, ravagée par un taux excessif de chômage. Et où d'après-elle, 80% de la population vit sous le seuil de la pauvreté. « L'exclusion sociale que nous vivons aujourd'hui était inéluctable », a-t-elle martelé.
L’artiste Cheikh Mc, à l'origine de l'appel, a dit regretter la faible mobilisation, mais surtout, l'attitude des autorités sur cette question. « Sinon, comment expliquer les heures passées pour obtenir l'autorisation nécessaire pour pouvoir manifester sur cette place. Ou l’empressement d'un ministre d'aller exécuter une décision du ministre de l'intérieur de la France », fait-il observer. Et de déplorer ce qu'il dit redouter: « Un double discours des autorités comoriennes. J'ai le sentiment qu'elles ont un discours pour l'extérieur et un autre destiné aux locaux ».
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