La Gazette

des Comores

Société / Dix militaires radiés de l’armée

Société / Dix militaires radiés de l’armée © : HZK-LGDC

Le directeur de cabinet chargé de la défense a signé un arrêté portant radiation des cadres des sous officiers de l’Armée Nationale de Développement. Un des gendarmes radiés estime que la mesure n’a pas suivi les procédures normales.


Le directeur de cabinet du président de la République en charge de la défense a signé un arrêté le 19 aout dernier portant radiation des cadres des sous officiers de l’Armée Nationale de Développement. L’affaire remonte au 24 juillet lors d’une interpellation d’une moto à Mohéli et dont l’usager refusait de suivre les ordres. Une affaire qui suscite interrogation quant à la réaction des autorités. Dans un rapport dont La Gazette des Comores s’est procuré une copie, un des gendarmes relate les faits. « Quand je suis arrivé dans les lieux, j’ai constaté que l’usager a refusé l’immobilisation de sa moto à Bonovo et qu’il est agressif. Vu cette situation, le commandant a pris l’initiative d’embarquer la moto sans l’usager. Après son départ, la foule s’est interposée envers nous et l’un parmi eux a déclaré qu’une fois le commandant mettra les pieds à Boingoma, on va lui faire la peau », lit-on dans ce rapport signé par l’intéressé. Il poursuit : « A cet instant, j’ai interpellé l’individu et conduit à Bonovo. Sur place, l’individu s’interpose envers des gendarmes et échange des coups ». Ce n’est pas tout. Le rapport montre que « A cet instant, l’autre individu a proféré des insultes et certains éléments non contrôlés ont commencé à le tabasser et je suis intervenu en déclarant à ces éléments les raisons de ce tabassage et je lui ai proposé de partir ».

 

Interrogé à ce sujet, notre interlocuteur regrette la manière dont l’affaire a été traitée. « Si un travail est mal fait, on donne un avertissement mais pas directement la radiation », lâche-t-il. Au total, ils sont 10 gendarmes à être radiés et renvoyés à la retraite. Et ce dernier regrette qu’aucune disposition ne soit prise pour rapatrier les gendarmes de Ngazidja et d’Anjouan. « Depuis que je suis dans l’armée, je n’ai jamais vu une chose pareille. Sacrifier 10 bonhommes, c’est trop », dit-il. Derrière la décision, notre interlocuteur voit des motivations politiques. « Comment vais-je comprendre que les gendarmes qui ont tiré sur Gazon restent toujours dans l’armée, et que dans une affaire banale de moto, dix soldats soient radiés… » se demande-t-il ?

 

Interrogé sur cette affaire, le directeur du cabinet du président de l’Union en charge de la défense a montré que le jeune a été tabassé violemment au camp militaire de Bonovo. « Le jeune a été tabassé violemment sans raison et il s’est évanoui pour la suite. Il a été hospitalisé pour lui sauver la vie », montre à son tour Youssoufa Mohamed Ali. Le chargé de la défense précisé qu’après les faits, une commission d’enquête a été constituée et les choses se sont déroulées comme il se doit. « Quand le rapport a été fait, il a été remis au chef d’Etat major de l’armée pour avis. Après il atterrit à la défense pour prendre une décision. Et c’est ce qui a été fait », précise-t-il, avant d’ajouter que « ils ont eu beaucoup eu chance en les renvoyant à la retraite ».

 

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