Après la France, où il a pris part à la tournée du spectacle Obsession(s) de Soeuf Elbadawi, le chœur soufi Lyaman s’est produit vendredi dernier à l’arène de Moroni Oasis. Pour Mourchid Abdallah, leader du groupe, cette première a été l’occasion pour donner un avant-goût de l’Album Abyati 19 qui sortira en Avril prochain.
Lyaman est le premier groupe soufi des Comores. Vendredi dernier, ce collectif a donné dans l’arène de Moroni Oasis un avant-goût de son album qui sortira en Avril prochain, le premier spectacle du collectif sur le territoire national. Après une tournée de vingt-neuf jours en France au Conservatoire municipal d’Ivry sur Seine et bien sur d’autres scènes, la troupe composée de quatre personnes dont Mourchid Abdillah, le leader, admet avoir « vécu des bons moments » de joie, de découverte et de partage.
« En France, nous avons accompagné Soeuf Elbadawi avec qui on a joué dans le spectacle Obsession (s) », confie Mourchid Abdillah qui n’a pas manqué de louer ‘’Anis Gras’’, le centre qui les a accueillis et hébergés durant tout leur séjour en Métropole. « Anis Gras c’est aussi le lieu de l’autre. Un vrai centre occupé que par des femmes, ce qui fait sa spécificité. Sur les 365 jours de l’année, le lieu de l’autre organise à peu près 300 jours d’activités », explique notre interlocuteur.
Mourchid qui considère les chants soufis comme des moments de détente au cours desquels on peut parler de Dieu, le cite comme un exercice qui n’est pas facile et qui demande beaucoup de résistance et de souffle. « On s’est produit devant un public qui ignore les chants soufis. Devant le public, c’était une autre émotion qui se manifestait car des musiciens en résidence au centre Anis Gras nous ont accompagnés à l’improviste et cela a donné un autre rythme », dit-il tout joyeux.
Pour le leader d’Lyaman, l’objectif c’est de « faire vivre le ‘’Dayira’’ d’une autre manière » notamment avec la sortie de ce premier album de chant soufi. « Le public a été réceptif. A la fin de notre spectacle, on nous a interpellés pour en savoir un peu plus sur les chants soufis », avance Mourchid qui est revenu sur la différence entre interpréter ces chants dans les mosquées et sur scène. « Dans les mosquées les chanteurs sont nombreux et se relaient. Nous, nous étions trois sur scène durant un long moment non-stop de spectacle. Nous avons toujours du mal à gérer notre souffle mais on est obligé de le faire et de le faire bien », s’est-il exclamé.
La troupe Lyaman ne compte pas s’arrêter avec la sortie du disque. Promouvoir le soufisme est une mission qu’elle se fixe. « Nous comptons organiser au cours de cette année 2019, un évènement par semaine, mener une politique de sensibilisation sur tout le territoire national et programmer le premier festival soufi », espère Mourchid Abdillah.
‘’Les twarikas’’ = confréries
Les chants varient selon la confrérie. Mourchid explique que les chants peuvent être les mêmes mais que le style peut changer selon la congrégation. Pour cette première sortie, Mourchid et les siens ont joué sur un répertoire varié avec beaucoup de mélange de chants Malgaches de Majunga et de Diégo et des chants interprétés aux Comores. Un soufi peut appartenir à toutes les confréries sans s’identifier ‘’Chadhuli’’, ‘’ Kadiri’’ ou autres. « Un soufi Kadiri peut participer dans un évènement organisé par des Chadhuli et vice versa », a-t-il signifié. Sur Al-watwan, journal d’Etat, le scénariste et metteur en scène, Soeuf Elbadawi avait expliqué que le récital soufi reste de la musique mais pas n’importe laquelle car c’est une musique qui parle de Dieu, donc sacrée.
A.O Yazid
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
© : HZK-LGDC