La Gazette

des Comores

Sommet de la COI : Une déception pour les étudiants comoriens

Sommet de la COI :  Une déception pour les étudiants comoriens © : HZK-LGDC

Le jeudi 24 avril 2025, lors du sommet des chefs d'État de la Commission de l’Océan Indien (COI) à Antananarivo, une scène décevante s’est déroulée en marge de l’événement. Des étudiants comoriens, invités pour représenter leur culture à travers des danses traditionnelles, ont été empêchés de participer à l'accueil du président Azali, comme prévu depuis plusieurs mois. Vêtus de costumes traditionnels, ces jeunes talents ont été stoppés à l’entrée, faute d’accréditation.


Au moment de la cérémonie d’ouverture, un spectacle culturel était prévu pour illustrer l’identité de chaque pays membre de la COI. Les étudiants comoriens, qui résident à Madagascar, avaient préparé leurs performances avec soin, mobilisant leur énergie et leurs maigres ressources. Ils avaient été sollicités par l’ambassade des Comores pour présenter des danses et costumes traditionnels, un honneur qu’ils attendaient avec impatience. Mais ce qui devait être un moment de fierté s’est rapidement transformé en une profonde déception. « Nous n’avions même pas de badges. Après une longue attente, on nous a finalement permis de danser pendant trois minutes, lors du passage du président Azali, mais il n’a même pas ralenti pour nous voir », raconte un des étudiants présents. À leur grande surprise, des Malgaches vêtus de tenues traditionnelles comoriennes ont été choisis pour assurer la prestation officielle à leur place.

Selon les témoignages, les étudiants ont été priés de quitter les lieux après une courte performance improvisée, réalisée à l’extérieur du Centre International de Conférences d’Ivato. « Après le passage du convoi de Macron, nous nous sommes préparés pour celui d’Azali. Mais au final, il n’a pas pris le temps de s’arrêter », ajoute un étudiant. Du côté de la diplomatie comorienne, cette situation a été attribuée à des décisions de dernière minute prises par les organisateurs malgaches. « Toutes les prestations culturelles ont été annulées », a expliqué un diplomate. « Nous avons protesté et insisté pour que nos étudiants puissent tout de même danser lors de l'arrivée du président Azali. »

Mais pour les jeunes comoriens, ces justifications n'apaisent pas leur frustration. « Nous étions là, prêts et motivés. Ils auraient pu mieux préparer ou insister davantage pour que nous puissions participer comme prévu. À la place, nous avons été ignorés », a confié l’un d’eux. Cet incident reflète-t-il un malaise persistant entre les autorités comoriennes et la jeunesse, même hors des frontières nationales ? Pour ces jeunes comoriens, venus avec fierté représenter leur pays, le sommet de la COI restera un souvenir amer, un symbole du fossé grandissant entre une jeunesse pleine d’espoir et des dirigeants qui semblent, une fois de plus, l’avoir oubliée.

Mohamed Ali Nasra

 


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