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SONEDE : À quand un nouveau patron ?

SONEDE :  À quand un nouveau patron ? © : Photo archives HZK-LGDC

La Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE) traverse une zone d’incertitude depuis l’annonce, le 1er décembre 2025, du départ de son Directeur général, Soundi Goulam. Aucun successeur n’a encore été désigné pour plus d’un mois après son départ.


Depuis sa division avec la SONOLEC, la SONEDE n’a cessé d’être au cœur des débats publics. Les attentes des citoyens sont immenses et chaque défaillance technique se transforme en crise sociale. Les pénuries d’eau deviennent des facteurs de tensions politiques et économiques, où les ménages se sentent abandonnés et certains commerçants profitent de la situation. « L’accès à l’eau courante demeure toujours une difficulté pour nous et ce n’est pas nouveau », confie Mohamed Soulé, un habitant de Moroni.

 

Lors de l’annonce de sa démission, l’ancien directeur avait mis en avant un bilan flatteur : couverture en eau potable passée de 15 % à 35 %, mise en place des directions régionales, adoption du Code de l’eau, installation des compteurs de prépaiement STS. Autant de réformes qui, sur le papier, témoignent d’une modernisation du secteur. Un communiqué officiel soulignait encore sur la « vision » et le « dévouement » de l’ancien directeur, salué pour son volet social avec le recrutement de plus de 500 agents depuis 2019. Mais derrière cette façade de progrès, une question persiste : qu’en est-il de l’accès à l’eau potable au niveau national ?

 

En effet, l’accès à l’eau potable demeure inférieur à la moyenne, oscillant autour de 35‑40 % selon le rapport 2025 de la BAD. Les efforts actuels, soutenus par les bailleurs internationaux, cherchent à transformer cette réalité, mais la réussite dépendra de la volonté des dirigeants de la SONEDE et des autorités politiques à réduire les pertes techniques qui frôlent les 30 % de l’eau produite, moderniser les infrastructures afin de remédier et garantir une gestion transparente des ressources.

 

À cela s’ajoutent les attentes des citoyens, souvent exprimées par des mobilisations et des protestations face aux pénuries récurrentes. « Restaurer la confiance des usagers et garantir la production, la distribution et le contrôle de la qualité de l’eau, ainsi que l’entretien des infrastructures seront les missions prioritaires du nouveau patron. » nous laisse entendre un responsable de l’institution.

 

En conséquence, la question se chuchote dans les couloirs de l’établissement public : « à quand un nouveau patron ? » Fidèle à ses nouvelles procédures, le Secrétariat Général du Gouvernement devrait lancer un appel à candidature pour désigner le prochain directeur général. Une procédure qui, au-delà de la formalité administrative, sera scrutée de près par une opinion publique en quête de transparence et d’efficacité. Le choix du futur dirigeant de la SONEDE sera irrésistible pour l’avenir de la crise à l’eau.

Aticki Ahmed Ismael (stagiaire)


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