La Gazette

des Comores

Suspension des salaires des enseignants grévistes : La CTTC exige la levée des sanctions infligées aux grévistes

Suspension des salaires des enseignants grévistes :  La CTTC exige la levée des sanctions infligées aux grévistes © : HZK-LGDC

Pour avoir rappelé au gouvernement le protocole d’accord signé le 4 janvier 2024 environ 50 enseignants du secteur public ont vu leur salaire réduit. Il s’agit entre autres des enseignants grévistes et chefs responsables syndicaux. Cette sanction infligée aux chevaliers de la craie a poussé la confédération des travailleuses et travailleurs comoriens (CTTC) à réagir en faveur des enseignants victimes de ces mesures administratives.


Dans un communiqué émanant du bureau exécutif national de la Confédération des travailleuses et travailleurs comoriens (CTTC) rendu public le 12 décembre dernier il a été rappelé aux autorités publiques plus précisément le ministre de l’éducation nationale, les lois qui protègent les employés en cas de contentieux. Le syndicat soutient que les mesures prises contre les enseignants  « violent sans équivoque tous les instruments juridiques protégeant et garantissant les libertés individuelles et collectives, ainsi que les droits humains fondamentaux garantis par la constitution de l’Union des Comores, la loi N°22-008/AU du 20 juin 2022 portant statut général des Fonctionnaires (Titre II-Chapitre I-section 1) ainsi que les conventions de l’OIT ratifiées par l’état comorien en septembre 1978 notamment la C. 87, la C. 98 et la C. 95 ».

La fédération des syndicats des enseignants comoriens (Fsec) avait soulevé dernièrement la question du protocole d’accord signé le 4 janvier 2024 avec l’ancien ministre de l’éducation nationale Tackidine Youssouf, le secrétaire général du gouvernement Nour El Fath Azali, l’ancien ministre des finances, Mze Abdou. Ce protocole devait garantir aux enseignants une valorisation de la grille indiciaire, dès cette année scolaire en cours. Malheureusement, les enseignants ont appris avec désolation de la part de la commission de l’assemblée nationale du 15 octobre dernier que leur principale revendication (valorisation de la grille indiciaire) n’a pas été prise en compte lors de l’adoption de la nouvelle loi des finances 2025.

 Alors les enseignants ne pouvaient pas rester indifférents. Ils ont décidé d’observer « un arrêt de cours de 72 heures du 19 au 21 novembre 2024 et de geler les notes du premier trimestre en attendant une suite favorable », selon le communiqué signé par le secrétaire général de la Fsec en novembre dernier. Une décision qui a provoqué le courroux du ministère de l’éducation. Après cette déclaration de la Fsec, la réponse du ministère de l’éducation n’a pas été tardive, le 21 novembre dernier, le secrétaire général Saïd Soulé Saïd a averti les responsables de la Fsec dans un communiqué que « toute absence en classe non justifiées sera considérée comme un abandon de poste, ce qui pourrait entraîner des retenues sur salaire, ou autres sanctions jusqu’au licenciement pour motif d’abandon de poste ».

Et le ministère de l’éducation nationale a mis sa menace en exécution. La confédération des travailleurs (CTTC) regrette « nous venons d’apprendre de source sûre, la suspension des salaires de près de cinquante enseignants parmi lesquels, les responsables nationaux des syndicats de l’éducation. Cela constitue un acte grave qui porte atteinte à toute notre législation du travail ». Et de préciser avec consternation : « ces mesures conservatoires prises à l’encontre des enseignants et responsables syndicaux, il y a lieu de conclure que cela a un double objectif à savoir : Faire mal aux familles de ces parents et surtout à leurs enfants qui vont se voir privés de nourriture et d’autres besoins vitaux, sans omettre les autres charges telles que le payement des factures d’eau et d’électricité, etc.) et voire même leurs frais scolaires non payés à un moment de crise économique inédite où le pouvoir d’achat a vertigineusement chuté à cause de la cherté de la vie. Et puis faire peur à tout le corps enseignant et aux autres professionnels à ne plus oser revendiquer des droits ou de l’exercice des droits et libertés syndicales », poursuit le communiqué de la CTTC. Elle sollicite la reprise d’un dialogue dans un bref délai tout en implorant au ministre de l’éducation nationale de sursoir les mesures prises à l’endroit des enseignants et aux dirigeants syndicaux.

Kamal Gamal

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.