La Gazette

des Comores

Sylvain Riquier : « Renforcer la connaissance du français oui c’est un objectif de l’ambassade »

Sylvain Riquier : « Renforcer la connaissance du français oui c’est un objectif de l’ambassade » © : HZK-LGDC

L’ambassadeur de France aux Comores, Sylvain Riquier, était en visite à Mohéli. Il a accepté de répondre aux questions de notre correspondant sur place.


Question : Quel a été le but de votre visite à Mohéli ?

 

Sylvain Riquier : Je suis arrivé aux Comores dans mes fonctions actuelles d’ambassadeur le 30 août. Je voulais venir à Mohéli pour m’entretenir avec les autorités, avec les acteurs de la société civile pour connaître Mohéli dans un premier temps et pour être informé des besoins… C’est important quand on est ambassadeur de connaitre le pays. Je l’ai déjà fait à Anjouan, je le fais aujourd’hui à Mohéli. C’est une première visite. Il y en aura d’autres.

 

Question : Qu’est-ce qui a été au menu de votre rencontre avec les autorités de l’île ?

 

Sylvain Riquier : J’ai parlé avec eux des besoins et des potentialités de Mohéli. On a beaucoup parlé notamment du tourisme, d’agriculture, du développement des affaires. Avec chacun j’ai parlé aussi de ce que la France fait de façon générale. Vous savez le plan de développement France-Comores issue du document cadre de partenariat de juillet 2019 que les deux pays ont  signé, c’est 150 millions d’euros qui sont mis sur la table dans le secteur de la santé, formation professionnelle, de l’éducation et de l’emploi avec la prise en compte des besoins propres à Mohéli dans l’ensemble de ce plan.

 

Question : Comment se portent les Alliances françaises aujourd’hui ?

 

Sylvain Riquier : Les 3 Alliances françaises de Moroni, Mutsamudu et Fomboni font un travail remarquable. Elles sont un lieu d’apprentissage du français à destination des jeunes, des enfants, des adolescents et aussi des adultes et je crois qu’elles accomplissent un travail tout à fait assez important. Je crois qu’elles se portent bien. Déjà parce qu’elles ont de l’activité qui leur permettent de financer  leurs charges, de payer leurs personnels. C’est donc  une situation que je crois tout à fait positive. Un mot particulier sur un programme qui me tient à cœur, un programme de formation des enseignants en français pour renforcer leurs compétences. Nous avons donné les subventions aux 3 Alliances pour qu’elles puissent lancer des cours de renforcement de compétences en français des enseignants notamment de l’enseignement secondaire. Ça a commencé dans les 3 Alliances. C’est quelque chose de positif. Ces enseignements se concluront par la délivrance d'un DELF (diplôme d’étude en  langue française). J’ai le sentiment que nos 3 Alliances vont bien. Elles sont appréciées et il faut que ça continue comme ça.

 

Question : L’anglais semble gagner du terrain au détriment du français. N'est-il pas possible de décentraliser les Alliances dans les autres régions des îles ?

 

Sylvain Riquier : Déjà il faut mesurer le phénomène. Qu'on parle plus l’anglais que le français, c’est une réalité  mondiale. C’est une réalité aussi avec d’autres langues sans doute, mais je ne sais pas la mesurer encore aujourd’hui aux Comores. En tout cas renforcer la connaissance du français oui c’est un objectif de l’ambassade, du service de coopération et d’actions culturelles et pour les Alliances. Est-ce qu’il faut les décentraliser, multiplier les alliances sur les îles ? Je ne sais pas encore... Avoir des partenariats avec par exemple les CLACs, les collèges, les lycées, je crois que c’est une bonne chose et c’est ce que nous faisons à travers le programme que j’ai évoqué. Ce n’est pas que dans les Alliances qu’il y a l’apprentissage du français c’est dans les écoles et à la maison. Je ne sais pas ce que vous mettez derrière la décentralisation des Alliances si c’est créer des Alliances supplémentaires, ça je ne sais pas. C’est aussi une question de financement. Pourquoi ne pas l’étudier ?

 

Question : Selon nos informations la plupart des refus des visas étudiants sont motivés par la non-maîtrise de la langue française. Cette catégorie constitue quel pourcentage de motif de refus et quelle solution proposeriez-vous ?

 

Sylvain Riquier : Ce dont vous parlez c’est le processus Campus France. Une bonne partie des jeunes qui y viennent pour les études, pour ceux à qui ont dit « vous n'avez pas le niveau en français », ne demandent même pas de visa. Mais vous avez raison la grande majorité des personnes qui n’auront pas leur visa pour aller faire des études en France c’est une question, effectivement, soit  de cohérence du parcours académique soit surtout de maîtrise insuffisante du français. Au niveau de Campus France on leur recommande de suivre des cours de français à l’Alliance pour avoir au minimum le niveau B2.

 

Propos recueillis par Riwad

 


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