La Gazette

des Comores

Sûreté nucléaire : Vers la création prochaine d’une autorité de réglementation

Sûreté nucléaire :  Vers la création prochaine d’une autorité de réglementation © : HZK-LGDC

À l’issue de cinq jours de travaux régionaux à Moroni, le gouvernement engage la mise en place d’un dispositif national de détection et de contrôle des rayonnements ionisants. Moroni pose les bases d’une architecture nationale de détection. Six pays africains et des experts de l’AIEA ont participé à cet atelier régional consacré au renforcement de la sûreté nucléaire.


Les Comores franchissent une nouvelle étape dans le renforcement de leur dispositif de radioprotection. Le gouvernement a annoncé la signature prochaine d’un décret portant création de l’Autorité de Réglementation en Radioprotection et Sûreté Nucléaire, à l’issue de l’Atelier régional sur la conception et la planification d’une architecture de détection en matière de sécurité nucléaire. Organisé pendant cinq jours à Moroni avec l’appui de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’atelier réunit des experts de l’organisation ainsi que des délégations du Bénin, du Togo, de la Centrafrique, du Burundi, du Congo et de la République démocratique du Congo. La rencontre vise notamment à renforcer la coopération régionale et à poser les bases d’un système national de détection des matières et rayonnements susceptibles de présenter un risque.

À la cérémonie de clôture, vendredi dernier, le ministre de l’éducation nationale, souligne l’importance de cette démarche pour le pays. « Le plus grand risque, c’est l’absence de contrôle, l’absence de cadre, l’absence de vigilance », déclare-t-il. Le ministre rappelle que les rayonnements ionisants sont déjà utilisés dans plusieurs secteurs aux Comores, notamment dans les ports, les aéroports, les centres d’imagerie médicale et certaines activités industrielles. Il estime que l’absence d’un régulateur pleinement opérationnel expose le pays à des risques de santé publique et appelle à une action rapide. Les travaux débouchent sur trois principaux acquis, selon le gouvernement. Le premier concerne la coopération entre les pays participants. « Six pays, une seule voix », affirme celui qui considère qu’une éventuelle alerte dans un port de la sous-région doit désormais être considérée comme une préoccupation commune.

Le deuxième acquis porte sur les bases techniques nécessaires à la conception d’une architecture nationale de détection. Le ministre indique que les Comores disposent désormais d’une feuille de route et bénéficient de l’appui de l’AIEA pour l’équipement du laboratoire de dosimétrie et la formation des techniciens. Le troisième axe concerne l’intégration de la sûreté nucléaire dans la stratégie de développement du pays. « La sécurité nucléaire ne s’oppose pas au développement. Elle le protège », affirme le ministre. Le gouvernement relie ainsi la radioprotection à plusieurs projets nationaux. Il cite notamment la future unité de radiothérapie destinée à la prise en charge du cancer, le programme NUTEC consacré à la lutte contre la pollution plastique ainsi que les applications des techniques nucléaires dans l’agriculture et la gestion de l’eau.

Ces initiatives, précise le ministre, doivent être développées dans des conditions garantissant la sûreté des populations et des travailleurs. Elles s’inscrivent, selon lui, dans les orientations du Programme Comores émergents à l’horizon 2030. Parmi les autres engagements annoncés, figure le renforcement de la formation. L’Université des Comores est appelée à développer des formations spécialisées dans les métiers du nucléaire civil. Le gouvernement entend également faire des ports et des aéroports les premiers points de vigilance du dispositif national.

À la clôture de l’atelier, le ministre a appelé les cadres nationaux à transformer les recommandations formulées durant les cinq jours de travaux en actions concrètes. L’enjeu est désormais de passer de la planification à la mise en œuvre effective de l’architecture nationale de détection et de sûreté nucléaire.

Ibnou M. Abdou

 


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