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des Comores

Transport maritime inter-îles: Al-Yasmine immobilisé à Bangoma avec passagers et marchandises à bord

Transport maritime inter-îles:  Al-Yasmine immobilisé à Bangoma avec passagers et marchandises à bord © : HZK-LGDC

Le vendredi 28 février, le navire Al-Yasmine n'a pas été autorisé à appareiller pour Anjouan depuis Mohéli, bien que l’armateur affirme avoir rempli toutes les formalités requises. Passagers et produits agricoles étaient déjà à bord lorsque la décision est tombée. Cette interdiction trouve son origine dans un événement survenu en décembre, lors du passage du cyclone Chido.


Pour pouvoir quitter le port de Bangoma, le Al-Yasmine doit s’acquitter d’une amende de 750 000 francs comoriens, une sanction que Bin Sound conteste fermement. Il parle d’une décision arbitraire et une mauvaise foi manifeste de la part des autorités portuaires. À la veille du mois de ramadan, cette immobilisation a des conséquences lourdes, notamment pour l’approvisionnement d’Anjouan en produits agricoles, mais aussi l’approvisionnement de Mohéli en produits importés de première nécessité. L’amende imposée remonte à l’incident de décembre 2024, lorsque le cyclone Chido avait fortement perturbé l’archipel et désorganisé les activités maritimes. À cette période, Al-Yasmine, en provenance d’Anjouan avec une cargaison importante de denrées alimentaires, n’avait pas pu accoster normalement. Le navire avait fini par s’échouer sur des rochers, compliquant le déchargement des marchandises.

Selon Bin Sound, des dockers irréguliers ont alors évacué certains produits de la cale, notamment de la farine et du sucre, alors que la pluie menaçait. Ils auraient ensuite quitté les lieux sans assurer la sécurisation du fret. L’armateur affirme avoir été contraint de procéder au déchargement dans ces conditions exceptionnelles, ce qui lui vaut aujourd’hui cette amende, infligée par un certain commandant Arsène. Il accuse ce dernier d’avoir abusé de son pouvoir en ne tenant pas compte du contexte particulier. De son côté Arsène soutient, selon l’armateur, que ces marchandises n’auraient jamais dû être débarquées ainsi. Bin Sound, très remonté, souligne que la responsabilité des produits restait pourtant entièrement à la charge de son entreprise, même en cas de perte.

Cette situation s’inscrit dans un climat de tensions persistantes entre les opérateurs économiques de Mohéli et la Société Comorienne des Ports (SCP). En novembre 2024, une grève avait paralysé l’île pour protester contre une hausse controversée des taxes portuaires. À la suite de cette mobilisation, la SCP avait fini par réviser ses tarifs, ramenant le coût d’un conteneur à son tarif initial de 165 000 francs comoriens. En attendant un éventuel déblocage, les produits agricoles destinés à ravitailler Anjouan en ce début de mois sacré continuent de se détériorer à bord du Al-Yasmine. Nous avons tenté de joindre le commandant Arsène pour obtenir sa version des faits, mais sans succès. Cet incident met en lumière les difficultés persistantes de la gestion portuaire aux Comores et les tensions récurrentes entre les autorités et les opérateurs économiques.

Riwad

 


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