La Gazette

des Comores

Trois questions à Maitre Maliza Youssouf Said Soilihi, avocate « Je pense que la justice comorienne est malade »

Trois questions à Maitre Maliza Youssouf Said Soilihi, avocate « Je pense que la justice comorienne est malade » © : HZK-LGDC

C’est hier au palais de justice de Moroni que Maliza Youssouf Said Soilihi, Kassimou Said Ahmed et Mhoudine Mahamoud ont prêté serment. Trois nouvelles têtes dans le corps des avocats. Pour marquer la journée, La Gazette des Comores/ Hzk Presse s’est tournée vers l’adjointe au maire de Marseille. A la fois ambitieuse et courageuse, l’élue à la mairie de la ville de Marseille s’engage à être la voix des sans voix et des plus démunis au palais de justice de Moroni. Regrettant la précarité et les conditions de travail au palais de justice, elle dit attendre plus du prochain chef d’Etat pour permettre un rapprochement entre la justice et les citoyens.


Question : Votre visage apparait souvent sur les réseaux sociaux notamment sur la chaine Comores Tv. Qu’est-ce que cela vous fait de devenir aujourd’hui avocate au palais de justice de Moroni ?

 

Maliza Youssouf : Effectivement j’ai toujours été proche des médias puisque j’avais même créé une télévision ici aux Comores il y’a dix ans de cela, Juwa Tv. Donc je continue à participer et à promouvoir les médias des Comores. Et si je suis rentrée aujourd’hui, c’est parce que je me dis que notre pays a besoin de ses talents, de sa diaspora, de toutes les ressources nécessaires pour permettre son développement. Et le choix de la justice n’est pas fortuit. Je suis juriste et j’ai cette passion de vouloir défendre, de vouloir être aux côtés de ceux qui en ont le plus besoin. Voilà donc ce qui explique ma présence ici au palais de justice de Moroni.

 

Question : Vous avez dit vouloir être la voix des plus démunis. Qu’est-ce que cela représente pour vous de vouloir défendre le peuple comorien ?

 

M.Y : C’est très important parce qu’on le dit très souvent, hélas, il y’a une prise de défiance de la justice, des politiques et le citoyens a perdu la foi et la confiance. Donc il est très important de rapprocher la justice des concitoyens, de leur permettre de connaitre leur droit ; c’est le plus essentiel et de leur permettre ensuite de défendre leur droit. C’est en tout cas mon objectif et j’espère que j’y parviendrais avec l’ensemble des confrères parce que nous sommes trois à avoir prêté serment aujourd’hui. Mais surtout ne pas perdre de vue, je le répète sans cesse que ‘’science sans conscience n’est que rune de l’âme’’. Il ne s’agit pas seulement d’avoir des diplômes ou de l’expérience mais surtout de pouvoir exercer cette profession avec probité et éthique. C’est très important car c’est ce qui permettra demain de rassurer nos concitoyens sur le fait que nous sommes là pour eux et à leur service.

 

Que diriez-vous de la justice comorienne dans un contexte un peu plus général ?

 

M.Y : Je pense que la justice comorienne est malade, qu’elle a besoin d’être soutenue et c’est sans doute un appel que je fais aujourd’hui à l’ensemble des candidats et donc forcément qui, demain occupera le siège de la magistrature suprême. Il est nécessaire, il est même plus qu’urgent qu’on se préoccupe de la justice, qu’on la dote de moyens, de pouvoir suffisant et qu’on puisse la rapprocher du citoyen notamment en ouvrant d’avantage des tribunaux. Le président Ali Soilihi, il y’a plus de quarante ans déjà, dans son plan quinquennal disait qu’il était indispensable de créer dans les régions des tribunaux. Quarante ans plus tard, force est de constater qu’on en est encore très loin. Donc il y’a tout un travail à faire pour qu’il puisse y avoir un accès plus facile à la justice.

 

Entretien réalisé par A.O Yazid

 


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