La Gazette

des Comores

Trois questions à Mariam Ibrahim « C’est beaucoup plus une menace qu’une vulnérabilité »

Trois questions à Mariam Ibrahim  « C’est beaucoup plus une menace qu’une vulnérabilité » © : HZK-LGDC

Le ministre des Finances a ouvert hier le premier atelier de formation sur l’évaluation nationale des risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme en Union des Comores sous la houlette des principaux partenaires comme le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), la Banque Mondiale, l’Union Européenne et le COMESA. Afin de contribuer à préparer l’archipel en apportant leur assistance technique, le responsable du département chargé de l’évaluation, la recherche et la documentation au GIABA, Mariam Ibrahim Touré, revient dans une interview accordée à La Gazette des Comores/Hzk Presse, sur l’importance d’accompagner les Comores et l’apport de son institution.


Question : Quel sera l’apport du GIABA dans cette politique d’évaluation nationale des risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme en Union des Comores ?

 

Mariam Ibrahim Touré : Déjà il faut savoir que le GIABA est une institution sous régionale de l’Afrique de l’Ouest mais également Sao Tomé et les Comores. Nous avons la responsabilité de nous assurer de la mise en œuvre des standards internationaux dans nos Etats membres, nous assurer que la politique de la LBCFT (Lutte contre le blanchiment des capitaux et financement du terrorisme) est conforme. La première recommandation du GAFI (Groupe d’Action Financière) qui est l’organe référence en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux, lutte contre le financement du terrorisme et le financement de la prolifération exige à ce que tous les pays procèdent à une compréhension assez claire des risques en matière de blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme. Donc le GAFI pour nos Etats membres, nous avons l’obligation de les accompagner, d’apporter une assistance technique. Donc l’apport du GIABA va, obligatoirement, être l’assistance technique qu’on va apporter aux Comores dans cette exercice.

 

Question : Par rapport à ce fléau universel, quelle est la vulnérabilité des Comores ?

 

M.I.T : Il y’a plus de vulnérabilité mais c’est beaucoup plus sur les aspects, disons, juridiques et institutionnels. Vous savez que les Comores ont fait l’objet d’une première évaluation et il y’ a un certain nombre d’insuffisances sur le plan juridique et institutionnel qui peuvent être exploitées par des criminels financiers. Donc il s’agira, cette fois-ci, avec l’apport des différents acteurs des secteurs donnés, qui sont présents à cet atelier, de pouvoir confirmer ces vulnérabilités qui ont été identifiées dans le premier rapport d’évaluation mutuelle des Comores et partant de là, proposer des actions pour pouvoir corriger ou atténuer les risques qui sont liés à ces vulnérabilités.

 

Question : Est-ce que c’est le caractère insulaire des Comores qui explique cette défaillance ?

 

M.I.T : Le caractère insulaire est un élément et le ministre des finances l’a bien précisé, bien sûr que ça comporte une menace parce que les Comores sont sur la route où il y’ a plein de trafics. Donc c’est beaucoup plus une menace qu’une vulnérabilité mais quand la menace est grande et qu’il y’a des vulnérabilités, les risques deviennent grands.

 

Propos recueillis par A.O Yazid

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.