La Gazette

des Comores

Télécommunication « Un décret aux conséquences néfastes pour le pays »

Télécommunication  « Un décret aux conséquences néfastes pour le pays » © : HZK-LGDC

Le président de la République a signé le 13 février, un décret portant institution de contrôle et de taxation des communications téléphoniques et des données internationales entrants en Union des Comores. Un décret mal pris par le président de l’Association Comorienne des Consommateurs des TIC et pense que l’institution de cette mesure a plus de méfait pour le pays que de bénéfice.


Dans le chapitre premier, l’article premier du décret portant institution de contrôle et de taxation des communications téléphoniques et des données internationales entrants en Union des Comores stipule que « le présent décret institue un système de contrôle des communications téléphoniques en Union des Comores et un système de taxation des communications internationales entrants en Union des Comores ». Un décret qui instaure une nouvelle taxation sur les appels internationaux entrants. Pour le président de l’Association Comorienne des Consommateurs des TIC (ACTIC), le président de la République a été mal conseillé en signant ce décret. Selon lui, les objectifs affichés dans le décret ne seront pas atteints mais l’institution de cette mesure a plus de méfaits pour le pays que de bénéfice.

 

« Cette décision était adoptée par certains pays africains mais se sont ravisés vu ses conséquences néfastes », déclare Hamidou Mhoma. Ce dernier estime qu’instaurer une taxe sur les appels internationaux entrants aura des conséquences négatives pour le pays, l’Etat et les consommateurs. « Le pays manquera d’attractivité. On ne va pas appeler les Comores compte tenu des coûts élevés. L’Etat perdra en impôt sur les sociétés puisque les volumes d’un appel pour les opérateurs vont baisser ; ce qui induit une baisse des revenus de ces sociétés. Ce qui démontre que les résultats attendus par le gouvernement au niveau fiscal ne seront pas au rendez-vous », poursuit-il.

 

Au niveau des consommateurs, ils verront leurs communications avec la diaspora réduite mais aussi une baisse de la fluidité des communications. Le décret prévoit aussi la facturation des appels OTTs (Skype, WhatsApp, Viber…), ce qui a étonné encore plus le président de l’ACTIC. « Les opérateurs ont compris que ce n’est pas la voix qui leur rapporte de l’argent mais que ce sont les services connexes à valeur ajoutée qui constituent les revenus principaux de ces sociétés », précise-t-il, avant d’ajouter que « on ne peut pas nous imposer des prix supplémentaires sur la voix IP à un moment où nous achetons de la Data ».

 

Le président de la Fédération des Consommateurs Comoriens (FCC) s’interroge sur la rapidité du gouvernement à prendre une telle décision. « Nous connaissons la faiblesse de l’ANRTIC dans son travail. Et je sais qu’à travers cette situation, il va beaucoup investir et demander l’assistance à un opérateur étranger. Est6ce que ce n’est pas un retour de Vocalpad ? », se demande Mohamed Said Abdallah Mchangama. Il reste convaincu que la liberté qu’il y’avait pour les opérateurs de s’entendre avec ceux de l’étranger risque de disparaître et pense que « dans ce décret, il y a une nécessité d’écouter et connaître le contenu des échanges ». Il appelle la diaspora à mettre en place un groupe technique pour suivre le dossier. La Gazette des Comores a essayé d’entrer en contact avec le directeur général de l’ANRTIC mais en vain. Nos appels étaient sans réponse.

 

Mohamed Youssouf

 

 


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