Le ministère des Postes, des télécommunications, de l’économie numérique et de la Transparence, en partenariat avec la Global System for Mobile Communications (GSMA) et plusieurs institutions nationales, a organisé du 19 au 20 août dernier un atelier consacré à la gestion du spectre radioélectrique. Deux thématiques majeures y sont abordées : « la gestion du spectre radioélectrique et le partage des infrastructures ».
En présence de l’ANRTIC, Yas Comores, Comores Télécom et Comores Câbles, le secrétaire général du ministère, Mmadi Kapachiya, a souligné l’importance de ces enjeux pour l’avenir du numérique aux Comores. « La première thématique de notre atelier est la gestion du spectre radioélectrique, une ressource rare, précieuse et au cœur de l’évolution de notre secteur. Aujourd’hui, les besoins en spectre explosent : 5G, objets connectés, services mobiles à haute capacité, connectivité dans les zones enclavées. Autant d’usages qui exigent une planification rigoureuse, une allocation équitable et une régulation proactive », a-t-il déclaré. A l’en croire, le pays doit « préserver un équilibre délicat, car le spectre n’est pas seulement une ressource technique. Il est aussi au centre d’une équation économique, stratégique et sociale. Il s’agit de concilier les besoins opérationnels et commerciaux des opérateurs, les exigences de couverture nationale, notamment dans les zones rurales ou peu rentables, les impératifs de sécurité et de souveraineté numérique, ainsi que les objectifs de transformation digitale de l’État ».
Ce dernier a rappelé que les infrastructures télécoms représentent des investissements lourds tours, fibre optique, stations 5G et que, dans un contexte insulaire, ces coûts sont souvent démultipliés. Cette réalité pose la question de leur rentabilisation, surtout lorsque les opérateurs doivent investir dans des zones à faible densité de population ou à forte complexité logistique. « Face à cela, la gestion du spectre doit être pensée comme un levier économique et d’équité territoriale, avec des modalités d’attribution équilibrées, une tarification adaptée à notre marché et des conditions d’exploitation qui favorisent à la fois l’innovation et la soutenabilité », a-t-il expliqué. Concernant la seconde thématique, il a souligné que le partage des infrastructures, bien que prévu dans les textes réglementaires, reste encore largement inopérant. « Il nous faut des propositions concrètes pour une meilleure gouvernance du spectre et des infrastructures, ainsi qu’une feuille de route opérationnelle adaptée à nos réalités nationales, permettant un partage effectif des infrastructures entre opérateurs d’ici fin 2025 », a-t-il insisté. Pour sa part, Hamidou Mhoma, président de l’ACTIC, a rappelé l’importance cruciale de ces débats. « Si chaque opérateur continue d’investir seul, les coûts vont continuer à exploser et ce sont les consommateurs qui en subiront les conséquences. Le partage des infrastructures est un levier non seulement pour réduire les charges, mais aussi pour rendre les télécommunications plus accessibles », a-t-il souligné. Selon lui, ces discussions doivent aboutir à une stratégie où la gestion du spectre et la mutualisation des infrastructures deviennent de véritables moteurs de développement, au bénéfice à la fois des opérateurs et des usagers.
Nassuf Ben Amad
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