L’administrateur en chef de l’Université des Comores, Ibouroi Ali Tabibou n’est pas du même avis que le ministre de l’éducation qui avait annoncé une reprise avec des cours en ligne et/ou à distance. Il est sceptique sur la mise en application de la plateforme numérique. Pour cette reprise opérée lundi dernier, l’UDC a opté pour des cours en alternance entre faculté et niveau pour essentiellement limiter le flux des étudiants dans les sites universitaires.
Les universitaires ont repris les cours après deux semaines de suspension pour cause de coronavirus. Pour la première journée d’hier, une présence effective des étudiants est constatée dans les différents centres. L'administrateur de l’Université des Comores, Ibouroi Ali Tabibou se félicite de cette reprise et laisse entendre que l’administration s’était préparée en conséquence.
« A la reprise d’aujourd’hui (hier, Ndlr), les cours étaient présentiels. Nous avons appelé tous les étudiants à venir et nous avons laissé le soin aux chefs des composantes et doyens des facultés d’organiser le déroulement des cours qui se présenterait par site », explique-t-il, tout en précisant qu’à Anjouan, site de Patsy, par exemple, ce sont près de 2500 étudiants de la première année qui ont été accueillis en attendant la reprise des deuxièmes et troisièmes années à partir du 1er mars prochain. « Les dispositions prises dans les différents sites ont pour objectif de faire respecter au maximum les mesures barrières pour lutter contre la propagation de la Covid-19 », assure-t-il.
Contrairement à ce système mis en place à Patsy, les administrateurs du site de Mvouni ont choisi les étudiants de la faculté des Lettres et Sciences humaines (FLSH) pour ouvrir le bal. L’autre faculté, celle de Droit et des Sciences économiques reprendra la semaine prochaine. Pour Iburoi Ali Tabibou, cette mesure, en plus d’être un moyen de lutte contre la propagation du virus, permet une utilisation maximale des salles et le respect de la distanciation car « chaque étudiant aura sa place ». Les cours se feront alors en alternance entre les différentes facultés « pour désengorger le site et diminuer le flux des étudiants », comme l’explique le doyen de la FLSH, Ali Abdoulhamid. Ce dernier revient sur la modalité du déroulement des cours et évoque un dédoublement des niveaux avec un nombre élevé d’étudiants en une heure pour chaque groupe et pour chaque matière.
A l’Institut Universitaire de technologie (IUT), l’effectif n’est pas conséquent et donc pas de dédoublement. Une chose est sure, dans un site comme dans un autre, les étudiants doivent porter le masque, respecter la distanciation physique dans ou en dehors des salles de classe. Sur ce sujet, Ali Abdoulhamid espère une « prise de conscience pour chaque étudiant sur le danger de la maladie ». « Nous, responsables, et les étudiants devons être vigilants », réitère-t-il.
Des cours à distance et/ou en ligne ? Ici les deux administrateurs parlent d’une improbabilité, surtout en cette fin de semestre, et cela pour plusieurs raisons. « Le ministère a mis en place une plateforme qui s’appelle CLASSERA et nous sommes en train de prendre possession de celle-ci. Dans trois jours, il va y avoir une formation des chefs de départements puis viendra une formation des enseignants pour apprendre comment utiliser cette plateforme. Cette dernière sera opérationnelle, au plus tôt au deuxième semestre. Je ne suis pas sûr mais si elle doit être utilisée pour cette année, alors ce n’est pas pour cette période. Par contre, nous avons prévu de mettre à la disposition des étudiants la version numérique des cours », avance le doyen de la FLSH.
Pour sa part, le président du CIG fait savoir ce processus de cours en ligne est « une préparation qui doit se mettre en place au fur et à mesure ». « Ce n’est pas maintenant que ça va se faire parce qu’il nous faut un délai de préparation et de formation des enseignants. Cela ne se déclenche pas en un clin d’œil », dit-il en précisant que « l’université a préparé une plateforme relais, d’hébergement des cours mais pas des cours en ligne ». L’incertitude qui entoure la mise en place de cours en ligne n’empêche pas Ibouroi Ali Tabibou de parler d’une « innovation » au sein de l’institution.
A.O Yazid
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